Une infime proportion de directeurs d’écoles a déjà modifié les notes d’un élève sans en aviser au préalable l’enseignant concerné, assure la Fédération québécoise des directions d’établissements (FQDE), qui en tient pour preuve un sondage qu’elle a réalisé sur la question.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

La FQDE regroupe près de 2000 directions et directions adjointes d’écoles de la province. Selon le sondage mené auprès de 300 de ses membres, seuls 5 % des directeurs d’écoles ont déjà modifié une note « unilatéralement », soit sans en aviser l’enseignant. La moitié des répondants n’a pas donné de raison à cette modification, mais un sur trois dit l’avoir fait à la suite « d’une demande de parents ».

Le sujet de la modification des notes irrite le président de la FQDE. « C’est comme si c’était une pratique qui était très répandue ! Ça nous préoccupe beaucoup : est-ce qu’on peut rectifier les faits ? C’est très, très rare comme pratique », dit Nicolas Prévost.

La question de la modification de notes a ressurgi avec l’étude du projet de loi sur l’abolition des commissions scolaires. À l’origine, le projet de loi 40 prévoyait que « [le] directeur de l’école, après consultation de l’enseignant, [peut] majorer le résultat d’un élève s’il existe des motifs raisonnables liés à son cheminement scolaire ».

Face aux critiques des enseignants qui estimaient qu’un tel article mine leur autonomie professionnelle, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a affirmé qu’il serait préférable qu’un « enseignant d’une autre école, mais du même niveau » puisse réviser une note.

Il faudrait que ce soit un enseignant de la même école qui s’en occupe, croit Nicolas Prévost. « Pour nous, le premier répondant reste le prof, mais dans le cas exceptionnel où l’enseignant n’est pas disponible, on veut que ce soit un enseignant qui connaît l’élève, pas un autre intervenant qui n’a aucune connaissance du milieu », dit le président de la FQDE.

Il y a bientôt trois ans, la Fédération autonome de l’enseignement, qui représente plus de 45 000 enseignants, avait mené son propre sondage dans lequel près de la moitié des profs disaient avoir vu une note accordée à un élève modifiée sans leur consentement.