Les classes modulaires, plus pragmatiquement appelées « roulottes », se sont multipliées dans les cours d’école du Québec dans les dernières années. Un modèle fabriqué en épinette noire vient de faire son apparition sur le terrain d’une école de Jonquière.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

C’est Chantiers Chibougamau qui l’a conçu en réponse à un appel d’offres de la Commission scolaire Central Québec. C’est une première du genre pour l’entreprise.

« On a un besoin d’habitations temporaires pour nos opérations de coupes en forêt, et c’est là qu’on a commencé à faire des modules en usine. On a vu la résistance de ces modules-là qui étaient transportés sur des routes de gravier et qui demeuraient en extraordinaire condition », explique Frédéric Verreault, directeur général du développement corporatif chez Chantiers Chibougamau.

L’entreprise a vu dans les classes préfabriquées qui poussent sur les terrains des écoles québécoises une occasion d’affaires et s’est inspirée de ces habitations pour concevoir son propre modèle de classe préfabriquée.

On a travaillé avec des spécialistes en conception d’écoles pour développer un concept de classe qui répond à des concepts extrêmement exigeants. On a voulu de la qualité supérieure autant pour l’isolation, la performance énergétique et la performance acoustique. On a de la fenestration avec des verres triples.

Frédéric Verreault

Les deux classes modulaires et l’aire commune qui ont été installées à l’école Riverside de Jonquière ont coûté en deçà de 500 000 $, précise-t-il.

Mission embellissement 

Plusieurs entreprises québécoises fabriquent leur propre modèle de classe modulaire. La Commission scolaire de Laval a par exemple mandaté Industries Bonneville pour fabriquer ce qu’elle appelle une « maison-classe ». En mars dernier, le ministère de l’Éducation a accordé 3,5 millions de dollars aux commissions scolaires de Laval et Marguerite-Bourgeoys pour installer 16 de ces classes.

« C’est une idée très intéressante pour pallier le manque de locaux », a alors déclaré le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Devant la multiplication des classes modulaires, on rivalise également d’inventivité pour les embellir. Au cours des dernières années, la Commission scolaire de Montréal a fait appel à l’organisme MU pour faire des œuvres murales sur certaines de ces classes. Des opérations de verdissement ont aussi été menées près de ces unités.

Chantiers Chibougamau croit qu’avec son plafond cathédrale et sa « signature contemporaine », son concept de classe modulaire se démarque des autres, et l’entreprise souhaite vendre le concept ailleurs dans la province. « Il faut comparer des pommes avec des pommes, affirme Frédéric Verreault. Entre une roulotte de chantier et une classe comme celle qu’on a livrée, il y a un monde de différence. »