Depuis la rentrée scolaire, les élèves ont passé leurs journées dans des « bulles », porté le masque en classe ou fait l’école à temps partiel de la maison. Alors que les vacances des Fêtes s’amorcent, retour sur une fin d’année 2020 mouvementée et aperçu de ce qui attend le réseau scolaire l’an prochain.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

« Il est temps que les vacances arrivent »

Dès la fin août, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), l’un des plus importants syndicats enseignants de la province, s’inquiétait. Un sondage mené auprès de ses membres indiquait que près de 70 % d’entre eux ne faisaient pas confiance au plan sanitaire mis en place par Québec et la moitié auraient souhaité que les groupes soient réduits de moitié.

En annonçant que la pause des Fêtes serait prolongée et après avoir détaillé la situation dans les hôpitaux, le premier ministre François Legault a expliqué que « l’autre endroit où c’est difficile, c’est dans les écoles ».

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

François Legault, premier ministre du Québec

Il y a environ 4 %, 4,5 % des enfants qui ne peuvent pas aller à l’école, donc il est temps que les vacances arrivent.

François Legault, premier ministre du Québec

Au moment où les écoles ont fermé leurs portes, il y a quelques jours, il y avait 1466 classes fermées en raison de la COVID-19.

Des évaluations revues

Il y aura cette année deux bulletins plutôt que les trois habituels. Le premier devra être transmis au plus tard le 22 janvier. Le fait que cinq jours ont été retranchés du calendrier au retour des Fêtes ne réjouit pas le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. « La fin d’étape, c’est une période liée à l’évaluation et ça va mettre une pression supplémentaire sur le réseau scolaire », dit Nicolas Prévost.

Les examens du Ministère restent au programme, mais ils compteront pour 10 % de la note finale, contre 20 % en temps normal. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ne ferme pas la porte à d’autres mesures pour évaluer les élèves différemment.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

C’est possible qu’il y ait d’autres changements qui soient apportés, mais je vais prendre cette décision en janvier, après avoir consulté le réseau.

Jean-François Roberge, en entrevue avec La Presse

Des discussions sont en cours pour que la première étape soit « un peu moins importante » sur l’ensemble de l’année scolaire pour permettre à un élève qui aurait eu un début d’année scolaire difficile de se rattraper, explique Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES). « Le fait qu’un jeune a compris à la fin de l’année, c’est ça qui compte », estime Mme Bourdages.

Des élèves à surveiller

Privés d’activités parascolaires, à la maison une journée sur deux pour certains, les élèves du secondaire vivent « une très grande démotivation », dit Jacques Landry, président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE).

« Quand on se tourne vers des plateformes numériques, ce sont les élèves vulnérables qui ne suivent pas. Dans le cas des enfants de milieux plus favorisés, les parents sont plus scolarisés et vont offrir un meilleur suivi », observe M. Landry.

Souvent, les élèves vulnérables n’ont pas de matériel, sont seuls.

Jacques Landry, président de la FPPE

La pandémie risque de laisser des traces chez certains. « Pour les élèves à risque, on peut raisonnablement penser que la présente année scolaire ne sera pas suffisante pour combler le manque à gagner et que l’an prochain, il y aura plus de jeunes qui auront besoin de consolider des apprentissages. Et peut-être même en 2022-2023 », dit Hélène Bourdages.

2021 sous le signe de l’espoir

Tout comme François Legault, le ministre de l’Éducation a bon espoir que les élèves seront de retour en classe le 11 janvier comme prévu. « Je pense que la pause des Fêtes devrait être suffisante pour casser la vague et nous permettre de revenir », dit Jean-François Roberge.

Chez les directions montréalaises, on garde aussi espoir. « Le système fonctionne. Je pense qu’on va pouvoir se rendre jusqu’au bout de cette pandémie avec la manière dont on fonctionne actuellement, même s’il y a des fermetures de classes », dit Hélène Bourdages, présidente de l’AMDES. Reste à voir quelle sera la situation sanitaire dans la province après les Fêtes.