Alors que la pandémie continue de susciter des inquiétudes dans le réseau scolaire, la liste des écoles touchées par la COVID-19 a subitement disparu jeudi. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) affirme que des « ajustements » sont en cours.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Le système de cueillette des données relatives à la COVID‑19 dans les établissements scolaires, en implantation depuis peu, fait présentement l’objet d’ajustements », indique une porte-parole du ministère, Marie-Louise Harvey, dans une déclaration.

Elle confirme par ailleurs que la mise à jour du portrait global de la situation dans les établissements scolaires est « temporairement suspendue », sans s’avancer sur une éventuelle date de republication.

Québec affirme que de toute manière, un processus de communication est déjà en place avec les parents. « Lorsqu’un cas est positif, tous les parents de l’école reçoivent systématiquement un avis de leur direction d’école », illustre Mme Harvey, en ajoutant que chaque établissement travaille « en étroite collaboration » avec la santé publique.

Vent de critiques

Publiée vendredi, la liste a été critiquée à plusieurs reprises pour ses erreurs et son retard avec la réalité du terrain. Le père de famille Olivier Drouin, qui a notamment fondé le groupe de signalement citoyen COVID Écoles Québec, a été au cœur de ce combat. Il dit avoir fondé sa plateforme devant le manque de proactivité des autorités à rendre les données disponibles. Jeudi soir, son site web recensait 218 écoles au Québec qui étaient touchées par au moins un cas de coronavirus.

Contacté par La Presse, le principal intéressé dit espérer que les prochains efforts du gouvernement « soient concertés avec les intervenants du milieu, pour parler d’une seule et même voix ».

« J’étais à l’origine très heureux que le gouvernement fasse un premier pas vers la transparence et les données ouvertes et accessibles sur les cas de COVID dans les écoles. Malheureusement, l’exécution n’a pas suivi l’intention et j’avais répertorié au minimum 25 % d’erreurs dans la liste publiée », explique M. Drouin.

Notre site démontre que ces données existent déjà et que leur traitement est possible rapidement, efficacement au bénéfice des parents, professeurs et intervenants du milieu scolaire.

Olivier Drouin, fondateur de COVID Écoles Québec

« On a une obligation de savoir »

Le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, est du même avis. « Ça démontre que le gouvernement n’était pas prêt. Il a procédé à la rentrée sans même prévoir un processus de récolte d’informations fiable, alors que le virus, lui, ne donne pas de seconde chance », martèle-t-il.

« On a une obligation de savoir ce qui se passe dans nos milieux. Cette liste doit être republiée. C’est troublant, surtout qu’on nous avait promis au gouvernement que tout serait prêt à temps », ajoute M. Mallette.

La semaine dernière, Line Gervais, la directrice de l’école Marie Gibeau à Longueuil, avait aussi déploré que le nom de son établissement se soit retrouvé sur cette liste, alors qu’elle assurait qu’aucun cas de COVID-19 n’était alors recensé entre ses murs. La liste avait été mise à jour une première fois cette semaine, en revoyant son total d’écoles touchées à la baisse.

« Je ne comprends pas pourquoi on circule là-dedans », a lancé Mme Gervais, en disant avoir vécu beaucoup de stress lors de la publication sur le site du gouvernement. « Je n’arrête plus de répondre aux parents qui sont inquiets. Et je ne sais pas quoi leur répondre, parce que je ne comprends pas moi-même », a aussi illustré la directrice.