C’est jour de rentrée dans plusieurs écoles de la grande région de Montréal. Le moment était attendu avec un mélange d’excitation et d’appréhension, mais beaucoup conviennent que pour le bien-être des élèves et de leurs parents, il est temps, après cinq mois, que l’école rouvre ses portes. Que la vie des écoliers ressemble le plus possible à celle d’« avant », c’est l’objectif du directeur de l’école primaire Saint-Marc, à Montréal. Aperçu de ce qui attend les élèves en cette première journée de classe.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Quand la cloche sonne

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Il y a désormais quatre portes par lesquelles on peut entrer dans l’école primaire Saint-Marc, à Montréal.

En arrivant, les élèves remarqueront qu’il y a désormais quatre portes par lesquelles on peut entrer dans l’école. Plutôt que de se mettre en rang dehors à une heure fixe, ils ont désormais 10 minutes le matin pour entrer en classe. Leurs enseignants les attendront à l’intérieur pour les inviter à se laver les mains. « L’enjeu de la fluidité des déplacements est important : les récréations, l’heure d’aller aux toilettes. C’est là où il y a eu le plus de discussions », dit Sylvain Cléroux, directeur de cette école du quartier Rosemont.

L’entrée dans l’école

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Tous les employés et visiteurs de l’école primaire Saint-Marc doivent montrer patte blanche avant de passer le hall d’entrée.

Tous les employés et visiteurs de l’école primaire Saint-Marc doivent montrer patte blanche avant de passer le hall d’entrée. Ont-ils été en contact avec quelqu’un qui a eu un test positif à la COVID-19 ? Ont-ils des symptômes de la maladie ? « Je dois valider le questionnaire assez rapidement, il faut presque que je donne la permission à tout le monde de rentrer. C’est lourd, mais je pense que c’est nécessaire », explique Sylvain Cléroux. Les parents resteront, dans la mesure du possible, à l’extérieur de l’école.

Dans les classes

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

À l’école Saint-Marc, plusieurs enseignants ont éloigné leur bureau des tables des élèves afin de respecter les deux mètres de distanciation avec les enfants.

Puisque Québec a instauré le concept de « bulle-classe », les élèves retrouveront ce jeudi les locaux comme ils les ont connus avant la pandémie. « On a essayé d’épurer au maximum, pour se sentir mieux, mais aussi pour que le nettoyage soit plus facile si on devait avoir un cas », explique Sylvain Cléroux. C’est pour l’enseignant que le changement sera le plus notable. À l’école Saint-Marc, plusieurs ont éloigné leur bureau des tables des élèves afin de respecter les deux mètres de distanciation avec les enfants.

Les « principaux obstacles »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Certains lieux dans l’école sont plus susceptibles d’accueillir des rassemblements.

À moins de 24 heures de la rentrée, le directeur de l’école Saint-Marc était confiant. Les zones où les enfants risquent le plus de s’attrouper avaient été repérées (le terrain de soccer dans la cour flambant neuve !), le matériel sanitaire était disponible en quantité suffisante, on avait tenté de prévoir toutes les situations qui pourraient survenir dans cette école de 530 élèves. « On pense qu’on a fait le tour des principaux obstacles qu’on aura », dit Sylvain Cléroux. Pour le reste, son équipe s’ajustera au fil des semaines. « On va se demander s’il y a des moments où on met les enfants en danger, où on se met en danger », poursuit le directeur. Il note que les établissements qui ont rouvert au printemps ailleurs dans la province ne peuvent pas vraiment faire figure d’exemples pour les écoles montréalaises. « Ils ont réussi leur rentrée dans des milieux où il n’y avait pas de cas, avec la moitié des élèves. Ça ne nous aide pas, ça ne nous dit pas si ça va bien aller ou pas. C’est une autre réalité. »

Certains enseignants « anxieux »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Chez les enseignants de l’école Saint-Marc, les sentiments sont partagés, observe le directeur, Sylvain Cléroux.

Chez les enseignants, les sentiments sont partagés, observe le directeur. « J’en ai qui sont inquiets. Certains sont anxieux de nature et ont peur, ils veulent plus de protection. Des enseignants vont la porter tout le temps, d’autres juste quand ils vont s’approcher des élèves », illustre Sylvain Cléroux. Le fonctionnement de l’école en temps de pandémie suscite aussi son lot d’inquiétudes, d’où l’idée de prévoir le plus possible les situations problématiques qui pourraient survenir, explique le directeur de l’école Saint-Marc.

Et s’il y avait un cas ?

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Sylvain Cléroux, directeur de l’école Saint-Marc

Si un cas de COVID-19 survient dans son école, Sylvain Cléroux s’en remettra à la Santé publique. « Je devrai appliquer leurs décisions, qu’on nous a promises rapides. On leur fait confiance, je ne suis pas cynique par rapport à ça. Tout le monde veut que ça fonctionne », dit M. Cléroux. Il explique qu’une « bulle-classe » pourrait par exemple être isolée ou fermée, ou un niveau en entier. « Ce que la Santé publique nous dit, c’est que chaque situation est différente », poursuit le directeur.

Un outil interactif pour les parents

Comme l’avait promis la veille le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, Québec a mis en ligne mercredi un questionnaire interactif sur la COVID-19 pour « guider les parents » en vue de la rentrée scolaire. Au terme de quelques questions, il permet aux répondants de savoir s’il vaut mieux se présenter à une clinique de dépistage de la COVID-19.