Les élèves qui devront rester à la maison cette année pour des raisons médicales fréquenteront à certains endroits des écoles virtuelles, où les classes seront centralisées et pourront être prises en charge par des enseignants qui auront obtenu des exemptions pour travailler de la maison. Déjà, plusieurs centres de services s’affairent à mettre en place de telles écoles à distance, a appris La Presse.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

À la fin du printemps, plusieurs enseignants dont les écoles avaient été rouvertes ont souligné combien il avait été ardu de s’occuper à la fois des élèves en classe et de ceux restés à la maison, par choix ou non.

Bien que la fréquentation en personne soit obligatoire à l’école cette année, certains élèves pourront faire l’école de la maison s’ils ont en main un papier du médecin le justifiant. C’est pour eux que sont mises sur pied ces écoles.

« Ce sont des élèves qui vont avoir un billet médical sur la non-fréquentation à long terme », dit Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE). Dans plusieurs régions du Québec, « il y a beaucoup de discussions autour [des écoles virtuelles] » en ce moment, poursuit-il.

Parce qu’une « proportion » de ses 78 000 élèves du primaire et du secondaire ne pourront être en classe à la fin août, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) aura une telle école à distance.

La mise en place de cette école, toujours en développement, nécessite non seulement de créer des groupes-classes du préscolaire au secondaire 5, mais également de réaffecter ou recruter du personnel.

Alain Perron, porte-parole du CSSDM

Au centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, on nous répond que le projet d’école virtuelle est aussi en voie d’être « finalisé » et qu’il sera présenté aux directions d’établissement au cours des prochains jours.

L’idée semble bonne pour assurer le service aux enfants qui ne seront pas à l’école, dit Mélanie Hubert, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’ouest de Montréal (SEOM).

« Les gens en télétravail ne seront pas laissés à eux-mêmes et seront regroupés avec une direction. Ce sera aussi une meilleure façon de regrouper au même endroit les services techniques et ça va surtout assurer au personnel des écoles ouvertes qu’ils n’ont pas une double tâche », estime Mme Hubert.

Le président de la FQDE salue lui aussi l’initiative. « Si c’est centralisé au centre de services et qu’on a une équipe déjà prête à enseigner, ça donne un coup de main, notamment pour la recherche de personnel pour organiser la formation à distance », estime Nicolas Prévost.

Le printemps dernier, le Centre de services scolaire des Hautes-Rivières, en Montérégie, avait mis sur pied une première école virtuelle centralisée. En entrevue avec La Voix de l’Est, la directrice générale du centre de services, Dominique Lachapelle, l’avait alors qualifiée de « voie d’avenir ».

Les écoles en renfort

Si un élève doit s’absenter quelques semaines pour être mis en quarantaine, il sera pris en charge par son école, explique le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d'enseignement. Difficile de faire autrement si on veut que chaque élève suive le rythme de sa classe, croit Nicolas Prévost.

Après les ratés du printemps dernier, où de nombreux élèves ont été laissés sans équipement informatique, la préparation semble aller bon train. Seul écueil : des élèves n’ont pas accès à l'internet à la maison et vivent à des endroits où le réseau cellulaire qui permettrait de fournir l’internet ne se rend pas.

Nicolas Prévost cite un exemple dans la région de Drummondville.

C’est encore nébuleux, ce qu’on fera avec ces élèves-là. On cherche des solutions. Il n’y a pas beaucoup d’élèves dans cette situation, mais il y en a.

Nicolas Prévost, président de la FQDE

Dans son plan de la rentrée présenté plus tôt ce mois-ci, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est engagé à ce que, en cas de fermeture d’une classe ou d’une école, l’enseignement à distance commence dans un délai de 24 heures.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

« Il n’est pas question que certaines familles se disent : “On n’est pas chanceux, notre enfant va à cette école-là où il n’y a pas de cours en vidéo”, et que d’autres se disent au contraire chanceuses d’avoir tel enseignant, et donc plus de cours, plus de suivi », a déclaré le ministre Roberge.

Qui pourra rester à la maison ?

En vertu de quels critères de santé acceptera-t-on qu’un enfant puisse rester à la maison pendant l’année scolaire ? Au ministère de l’Éducation, on nous renvoie à un document de 21 pages produit par la Santé publique et destiné au personnel médical. Diverses affections médicales y sont décrites, mais le document précise qu’il « demeure important que le médecin traitant […] évalue chaque situation individuellement en considérant l’ensemble des facteurs pertinents ». La « situation épidémiologique locale » est également à prendre en considération, note la Santé publique.