Polytechnique Montréal devrait atteindre à l’automne un objectif qu’elle espérait réaliser d’ici 2030, soit que 30 % des nouvelles inscriptions au sein de l’établissement soient des femmes.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

La pandémie n’aura pas freiné l’élan de l’école d’ingénierie de Montréal. La session d’automne devrait permettre à l’université de passer le cap du 30 %, objectif fixé il y a quelques années par Ingénieurs Canada, qui vise à avoir 30 % de femmes parmi les nouveaux ingénieurs en 2030. Au Québec, cette proportion est actuellement de 20 %.

Il s’agit là d’un objectif « peu ambitieux », estime le directeur général de Polytechnique Montréal, Philippe A. Tanguy. Cette année, tous programmes et cycles confondus, 28 % des étudiants étaient des femmes.

Polytechnique Montréal, dit son directeur général, a une approche « très systémique » pour attirer dès le secondaire et le cégep les étudiantes vers des carrières d’ingénieure. « Dès le début du secondaire, on va leur dire : écoutez, [être ingénieure] c’est le fun et, à Polytechnique, vous avez toutes votre place », illustre M. Tanguy.

L’automne prochain, 31 % des personnes admises à Polytechnique seront des femmes et, en 2023, la même proportion de femmes pourrait obtenir leur diplôme. « On a très, très confiance d’y arriver », dit Philippe A. Tanguy.

Sans se fixer de nouvel objectif, Polytechnique Montréal n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. « On va être beaucoup plus proactifs. On n’annonce pas de chiffre, mais l’Université de Toronto, par exemple, s’enorgueillit d’avoir 40 % de femmes. Ça veut dire que c’est possible quand on se donne les moyens », illustre Philippe A. Tanguy.

Polytechnique souhaite également viser des programmes où les femmes sont encore très peu nombreuses, comme le génie mécanique et le génie électrique. A contrario, le génie biomédical et le génie chimique ont la faveur des étudiantes.

15 % : Proportion des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec qui sont des femmes

« On va s’y attaquer de manière très spécifique », dit Philippe A. Tanguy, en citant le génie aérospatial, qui fait rêver hommes et femmes. « Il y a des astronautes aussi qui tournent autour de la Terre. Astronau-tes », dit-il en riant.

Coronavirus : pas d’incidence sur les inscriptions

Quel que soit leur genre, les étudiants seront sur les bancs d’école à l’automne malgré la pandémie de COVID-19. Par rapport à l’année dernière, Polytechnique note une légère hausse d’étudiants au baccalauréat (1,2 %) et une « augmentation spectaculaire » au deuxième cycle (18 %).

« Quand les étudiants se sont inscrits fin mars, ils ont vu qu’obtenir des emplois serait compliqué. Ils se sont dits : “On va s’inscrire à la maîtrise” », explique le directeur général.

Si les inscriptions n’ont pas fléchi, l’effet de la COVID-19 se fera sentir dans l’organisation physique des classes. « Les hauts fonctionnaires [du ministère de l’Éducation] ne réalisent peut-être pas les contraintes qu’on peut avoir dans des bâtiments qui ont 70 ans. Nos locaux ne sont pas modernes partout », dit Philippe A. Tanguy, qui cite notamment les cafétérias et les déplacements dans les corridors comme étant problématiques.

« Le port du masque va s’imposer. On n’aura pas le choix. En tout cas, il va être très, très, très fortement recommandé », conclut le directeur général.

Proportion de femmes admises à Polytechnique Montréal

Automne 1989 : 18 %
Automne 2020 : 31 %