Après avoir réduit considérablement ses investissements dans les énergies fossiles depuis 2014, la Fondation de l’Université Concordia s’engage à les éliminer d’ici cinq ans.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

«Cet objectif est un pas de plus dans notre engagement envers le développement durable», a fait valoir le chef de la direction financière de l’Université Concordia, Denis Cossette, lors d’un entretien avec La Presse.

La Fondation de l’Université Concordia a un actif de 243 millions, qui provient des dons qu’elle reçoit et des fonds d’amortissement qui servent au remboursement de ses emprunts. Cet argent est investi dans les marchés financiers afin de générer des rendements qui viennent grossir la cagnotte. Depuis 2014, la Fondation a réduit la valeur de ses investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon à 14 millions, soit 5,7% du total.

La prochaine étape s’accompagne d’un défi supplémentaire, puisque la Fondation s’est donné comme objectif d’investir uniquement dans des placements durables d’ici 2025. «C’est une chose de décider de ne plus investir dans le pétrole et le gaz, mais c’est aussi un défi de décider quels vont être les investissements de remplacement, précise Denis Cossette. Ça ne se fait pas du jour au lendemain».

Le chef de la direction financière de la Fondation est sensible aux arguments qui veulent que les entreprises du secteur des énergies fossiles ont besoin d'investisseurs progressistes pour les aider à faire leur transition vers le renouvelable.

«C’est une question qu’on se pose nous aussi, dit-il. Aussi, ce n’est pas impossible qu’on investisse dans une entreprise pétrolière qui se diversifie dans l’énergie renouvelable, à condition qu’on soit assuré que notre investissement soit dans la division des activités renouvelables».

Concordia a été la première université canadienne à commencer à désinvestir dans le secteur du pétrole, du charbon et du gaz en 2014. Ça peut se réaliser sans faire de compromis sur les objectifs de rendement, assure Denis Cossette.

Plus tôt cette année, Concordia avait été la première université canadienne à émettre une obligation verte de 25 millions pour financer sa part du nouvel incubateur des sciences appliquées construit sur son campus.