Située en plein cœur de Montréal dans un édifice patrimonial, l’école FACE devra subir bientôt des travaux de rénovation majeurs et reloger les 1300 élèves ne sera pas chose simple. De l’ancien Forum aux Ailes de la Mode en passant par le Stade olympique et la Maison de Radio-Canada, toutes les options ont été envisagées pour cet établissement à vocation artistique.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Le printemps dernier, le comité de vigie de l’école FACE, composé de membres de la direction de l’école, d’enseignants et de parents, a ciblé une trentaine de lieux potentiels où pourrait s’établir l’école le temps que des travaux de réhabilitation soient faits sur l’édifice centenaire. Parmi ceux-ci figuraient l’UQAM et l’Université McGill, Télé-Québec, l’ancien hôpital Royal Victoria, le Terminus Voyageur et les Ailes de la Mode.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, assure que plusieurs de ces immeubles – notamment le Terminus Voyageur et Radio-Canada – n’ont pas fait partie des immeubles qui ont été sérieusement envisagés. Les membres du comité de vigie « sont pleins de bonnes intentions », mais « pas nécessairement au fait des travaux » qui doivent être faits », dit la présidente.

« Prenez par exemple le Royal Victoria. C’est en aussi mauvais état [que FACE], sinon pire que pire. Aménager un pavillon dans cet îlot-là, ça suppose un échéancier très important. C’est rare que les hôpitaux aient des gymnases », illustre-t-elle.

La proposition de la CSDM

La CSDM a donc retenu sa propre proposition : elle demandera officiellement à la Société québécoise des infrastructures (SQI) et au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de considérer le déménagement des élèves du primaire dans un immeuble lui appartenant, situé au 4835, avenue Christophe-Colomb, dans le Plateau Mont-Royal, mais lui demande également de financer la « réhabilitation majeure » de ce bâtiment.

La Commission scolaire estime qu’il sera plus simple « en termes d’échéanciers, de faisabilité technique et de coût de projet » d’aménager un bâtiment qui lui appartient pour reloger les élèves.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM

« On ne peut pas attendre 10 ans avant que les élèves de FACE déménagent. Les travaux sont imposants et l’immeuble est déjà en mauvais état », dit Catherine Harel Bourdon. Construit en 1914 et agrandi en 1924, le bâtiment est classé patrimonial. Les rénovations dont il fera l’objet devraient prendre au minimum six ans et coûter 120 millions de dollars.

« Plusieurs espaces, à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment, nécessitent des interventions rapides pour assurer la pérennité de celui-ci ainsi que la santé et la sécurité des usagers », lit-on dans un compte rendu de rencontre tenue entre la SQI et la CSDM le printemps dernier et obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Trois autres immeubles considérés

Trois immeubles lui appartenant pourraient quant à eux héberger les élèves du secondaire, mais le choix définitif n’est pas arrêté.

Pendant les travaux à l’école FACE, il est envisagé d’envoyer les élèves du secondaire à l’école secondaire Georges-Vanier, située dans le quartier Villeray. Or, cette école est déjà en partie occupée par des élèves de l’Académie de Roberval, chassés de leur école il y a deux ans en raison des moisissures. Là non plus, les travaux n’ont pas débuté.

« On ne peut pas inventer de nouveaux espaces. On n’en a pas. On aimerait ça avoir un terrain à proximité. Mais l’objectif, c’est de rénover un bâtiment patrimonial », dit Catherine Harel Bourdon, qui assure que le choix définitif pour le déménagement des élèves de l’école FACE n’est pas arrêté.