(Québec) Les enseignants de la CSQ réclament une hausse salariale de 8 % dès le 1er avril 2020, en plus des augmentations qui seront accordées à l’ensemble du secteur public.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

En conférence de presse vendredi, la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, a affirmé que les enseignants doivent bénéficier d’un rattrapage salarial pour atteindre la moyenne canadienne. Elle a justifié cette demande en rappelant que le gouvernement a accepté dans le passé de faire un tel rattrapage pour les médecins – le gouvernement Legault souhaite aujourd’hui que la rémunération des spécialistes soit 9 % inférieure à celle de leurs collègues du reste du Canada comme c’est le cas pour d’autres professionnels de la santé.

« Le gouvernement Legault a annoncé que pour valoriser la profession enseignante, il était conscient qu’il faudra faire un effort pour reconnaître le travail des enseignants et que cette reconnaissance-là passait aussi par du monétaire », a-t-elle affirmé.

Québec entend éliminer les six premiers échelons salariaux des enseignants afin d’attirer des jeunes dans cette profession qui connaît une pénurie. C’est une promesse électorale de la Coalition avenir Québec. La FSE-CSQ est favorable à cette mesure, et sa demande s’ajoute à cette élimination d’échelons, car « il faut penser aussi aux enseignants d’expérience », a dit Mme Scalabrini.

Elle a reconnu que la majoration demandée de 8 % « représente beaucoup de sous ». Elle n’était pas en mesure de chiffrer la facture totale. « Affirmer qu’on n’aura jamais ça » est prématuré selon elle. Elle a fait valoir que le ministre Jean-François Roberge a déclaré ne pas être « Séraphin » et qu’il a décidé d’implanter la maternelle 4 ans partout, « peu importe ce que ça coûtera ».

La majoration de 8 % s’ajouterait aux hausses salariales accordées à l’ensemble du secteur public. La CSQ a consulté ses membres en vue de demander des augmentations de 3 % par année. Or le premier ministre François Legault a l’intention de les limiter à l’inflation.

La FSE-CSQ demande également une baisse du nombre d’élèves par classe en maternelle et à la première année du primaire, ce qui implique l’embauche d’enseignants. Dans le cas de la maternelle 4 ans, elle réclame une moyenne de 8 élèves et un maximum de 10 élèves. À l’heure actuelle, la moyenne se chiffre à 14 et le maximum à 17. Il faudrait inévitablement construire davantage de classes, une opération qui est déjà beaucoup plus coûteuse que ce que le gouvernement Legault avait prévu.

Les conventions collectives prennent fin le 31 mars prochain.