(Québec) La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) accuse Jean-François Roberge de « s’approprier des pouvoirs comme jamais » et « d’insulter » les enseignants avec le projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire, qui « contient tout ce que les profs n’ont pas besoin ».  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

En conférence de presse, mardi, le président de la FAE, Sylvain Mallette, a traité le ministre de l’Éducation d’être un « Gaétan Barrette », ce qui n’était visiblement pas un compliment.  

« Quand j’ai pris connaissance du projet de loi, la première réaction que j’ai eue, c’est “sors de ce corps, Gaétan Barrette !” », s’est exclamé M. Mallette.  

« Le ministre s’approprie des pouvoirs comme jamais, a-t-il ajouté. Il va même plus loin que ses prédécesseurs […]. C’est inquiétant. [Sous le prétexte] d’une refonte des commissions scolaires [en centres de services], il attaque de plein fouet la profession enseignante. »

« Le pouvoir, ça nourrit l’arrogance. L’arrogance, c’est ce qui perd les gouvernements. Venant du ministre [Roberge], ça m’a particulièrement choqué, troublé. On s’attendait à autre chose d’un ex-collègue. Il déçoit les profs, il choque les profs », a dit le président de la FAE.  

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Jean-François Roberge

« Une insulte »

Le 1er octobre dernier, un an jour pour jour après l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ), le gouvernement Legault a présenté le projet de loi 40 transformant les commissions scolaires en centres de services. Cette réforme permettrait à Québec d’économiser 11 millions par année, affirmait alors Jean-François Roberge.  

Dans ce projet de loi, le gouvernement donne plus d’autonomie aux écoles, a-t-on dit la semaine dernière, alors que les établissements scolaires n’auront plus à demander aux commissions scolaires (ou aux centres de services) d’approuver des initiatives comme certaines orientations pédagogiques.  

La FAE estime toutefois que le projet de loi 40 ne respecte pas « l’autonomie professionnelle des enseignants » et donne au contraire plus de pouvoirs aux directions d’école et à des personnes qui ne sont pas en classe avec les élèves.  

« C’est ça la réponse du ministre à la dévalorisation de la profession enseignante ? À la pénurie du personnel enseignant ? À la détresse psychologique ? Au phénomène de désertion professionnelle ? La réponse du ministre, c’est un projet de loi fourre-tout où il vient nous retirer le peu de pouvoir qu’on a », a dénoncé mardi Sylvain Mallette.  

La FAE réclame que Québec tienne des consultations générales sur son projet de loi, plutôt que des consultations particulières. À ses yeux, la réforme Roberge mérite « des changements majeurs », sinon d’être reléguée aux oubliettes.