Ce qui devait être une rentrée comme toutes les autres a viré à l’imbroglio administratif pour les parents d’un jeune Montréalais de 16 ans qui ont cherché pendant une dizaine de jours une école où leur fils pourrait aller. « Ils ont décroché mon fils de l’école », dit Robert Thomas.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Le 28 août, le jeune homme s’est présenté à l’école secondaire Saint-Luc pour récupérer son horaire comme il en a l’habitude à chaque rentrée. Il a plutôt appris qu’il n’était plus inscrit à cette école du quartier Notre-Dame-de-Grâce qu’il fréquente pourtant depuis le début de son secondaire.

Robert Thomas a cherché à savoir pourquoi. L’administration de l’école, dit-il, lui a expliqué qu’il avait signé à la fin de la dernière année scolaire un consentement pour que son fils fréquente un autre établissement qui serait « mieux adapté à ses besoins ». Or, Robert Thomas et sa femme sont convaincus de ne jamais l’avoir fait, et l’école secondaire n’arrive plus à mettre la main sur le fameux document.

Robert Thomas déplore que personne ne l’ait contacté pour lui dire que son fils changerait d’école. Quand il a tenté de comprendre ce qui s’était passé, il s’est buté à une « fin de non-recevoir », dit-il. « On ne voulait pas entendre mon problème. »

Pendant ce temps, son fils restait à la maison.

Le désarroi du père était palpable la semaine dernière, tandis qu’il attendait un possible appel de l’école Saint-Luc. « Je ne sais même pas par où commencer. Si on ne m’appelle pas, qu’est-ce que je fais ? Est-ce que c’est légal ? Est-ce qu’on peut désinscrire un élève ? » demandait le père.

Au ministère de l’Éducation, on nous répond que la Loi sur l’instruction publique « prévoit que la commission scolaire a le devoir de s’assurer que toute personne ayant droit au service de l’éducation préscolaire et aux services d’enseignement primaire et secondaire reçoit les services éducatifs auxquels elle a droit ».

Hier, près de deux semaines après la rentrée, l’homme a dû prendre congé pour se rendre dans une autre école secondaire de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) où, lui avait-on dit, son fils pourrait être scolarisé. Il s’est à nouveau buté à un refus. « J’ai expliqué mon cas, on m’a dit que l’école était plus que pleine et qu’ils ne pouvaient rien faire », a dit Robert Thomas.

Il a finalement contacté la commissaire scolaire qui représente le secteur de la ville où il habite.

« C’est quelqu’un qui nous a conseillé de faire ça, je n’y avais pas pensé. Je n’avais aucune idée de ce qu’étaient mes recours et de ce que je pourrais faire. On devrait savoir où aller quand on a des problèmes, la bureaucratie est trop lourde », dit Robert Thomas.

Hier matin, nous avons demandé à la CSDM de commenter ce cas précis.

« Nous ne commentons pas les cas individuels de chaque élève », nous a-t-on répondu en fin de journée, tout en ajoutant que ce cas, d’« une grande complexité au niveau de l’organisation scolaire […], semblait réglé ».

« À chaque rentrée, il y a une période d’ajustement avec les dossiers des élèves et la confection des horaires », nous a écrit Alain Perron, porte-parole de la CSDM.

Passé 17 h, Robert Thomas a reçu un coup de fil l’avisant que son fils pouvait se présenter à l’école secondaire Saint-Luc ce matin. « Je suis vraiment heureux pour mon fils, a-t-il dit avec émotion. Ça finit bien pour nous, mais c’est important pour ma femme et moi que ça ne se reproduise pas pour d’autres parents », dit Robert Thomas.