(Québec) Les régions où il manque de places en service de garde pour répondre à la demande sont en hausse. Les évaluations faites par le gouvernement précédent étaient « biaisées » dans le but d’« enjoliver la situation », accuse le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

En début de mandat, il a demandé à son ministère une mise à jour de l’évaluation de l’offre et de la demande de places en service de garde à travers le Québec (centres de la petite enfance, garderies privées et services de garde en milieu familial). Résultat : la proportion de territoires « en déficit de places » est passée de 18,6 % en avril 2018, sous le gouvernement Couillard, à 31,6 % un an plus tard. Des MRC ou arrondissements de Québec, de l’Estrie, des Laurentides, de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l’Outaouais sont particulièrement touchés.

« Le précédent gouvernement avait fait en sorte que la carte donnait un portrait de la situation qui était très beau, mais qui n’était pas réaliste. On a fait une mise à jour, et ça démontre qu’il y a beaucoup plus de besoins que ce qu’on nous laissait croire », a affirmé Mathieu Lacombe en entrevue avec La Presse.

Il y a un équilibre de l’offre et de la demande à Montréal et presque partout dans Lanaudière. Laval est en « surplus de places » sur une bonne partie de son territoire.

Développement du réseau

Cette évaluation de l’offre et de la demande vise à permettre au gouvernement de rendre plus cohérent le développement du réseau de services de garde. Environ 42 000 enfants attendent une place et sont inscrits sur une liste d’attente.

Le ministre Lacombe soutient que son plan pour accélérer la création de places va bon train. Au total, 15 000 places « devraient voir le jour à l’intérieur de notre mandat, c’est mon objectif », a-t-il affirmé.

En février, il avait annoncé son intention de relancer des projets représentant 11 000 places qui avaient été autorisés en 2011 et en 2013, mais qui n’avaient jamais vu le jour jusque-là. Plus de 9000 de ces places seront créées d’ici deux ans, comme viennent de s’y engager leurs promoteurs auprès du Ministère. Celui-ci a assoupli ses exigences pour leur faciliter la tâche. Le millier de places restant a été récupéré par Québec et sera redistribué. M. Lacombe a lancé un appel de projets pour créer 2500 places supplémentaires. Et 1600 autres s’ajouteront en vertu d’un appel de projets lancé par le gouvernement Couillard en 2018. C’est ce qui permet au ministre d’arriver au total de 15 000 places.