(Montréal) Les droits de scolarité moyens des étudiants à l’université ont augmenté pour l’année 2019-2020 dans la majorité des provinces canadiennes, notamment au Québec.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

Mais pas en Ontario : dans cette province, ce qu’un étudiant doit débourser comme droits de scolarité a chuté de près de 10 %. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ont plus d’argent dans leurs poches à la fin de l’année scolaire : l’aide financière gouvernementale de la province a aussi été réduite.

Au Québec, les droits de scolarité ont augmenté en moyenne de 3,7 %.

Statistique Canada a analysé les droits de scolarité des programmes de premier cycle et des cycles supérieurs pour l’année scolaire 2019-2020 dans un rapport dévoilé mercredi. L’organisme a comparé principalement les frais des universités canadiennes qui offrent des programmes menant à l’obtention d’un grade comme un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat, mais l’analyse inclut certains collèges — hors Québec — qui les offrent aussi. Les cégeps ne sont pas inclus.

L’organisme fédéral de statistiques a déterminé que ceux qui étudient en Ontario payeront des droits de scolarité moins élevés cette année que l’an dernier. On parle ici d’une diminution de 9,9 % pour les programmes de premier cycle et de 9,1 % pour les cycles supérieurs.

Pourquoi ? Statistique Canada explique que cela est l’effet d’une réduction des droits de scolarité touchant l’ensemble des établissements d’enseignement postsecondaire subventionnés par des fonds publics, réduction décrétée par le gouvernement provincial ontarien et entrée en vigueur à l’échelle de la province en 2019-2020.

Ailleurs au pays, on constate que les droits demeurent inchangés en Alberta, mais qu’ils ont augmenté dans les huit autres provinces. Ces hausses variaient de 2,0 % à l’Île-du-Prince-Édouard et en Colombie-Britannique pour atteindre 7,3 % au Nouveau-Brunswick.

Statistique Canada tient à souligner qu’il s’agit ici de moyennes. Les coûts réels que les étudiants doivent payer peuvent varier en fonction de l’aide financière qu’ils peuvent recevoir, comme des bourses d’études, des subventions gouvernementales et des crédits d’impôt, qui peuvent aussi varier selon les établissements et les provinces.

Avec cette mise en garde, l’organisme calcule qu’à l’échelle nationale, les étudiants inscrits à temps plein à des programmes de premier cycle payeront — en moyenne — 6463 $ en 2019-2020, en baisse de 5,3 % par rapport à l’année précédente. Les coûts moyens des programmes de cycles supérieurs diminueront de 4,5 % pour s’établir à 7056 $. Ces baisses sont générées par la situation qui prévaut en Ontario.

Les droits de scolarité moyens les plus élevés pour les étudiants canadiens de premier cycle en 2019-2020 ont été ceux de quatre programmes menant à un grade professionnel, soit les programmes de dentisterie (21 717 $), de médecine (14 162 $), de droit (12 388 $) et d’optométrie (11 236 $).

Les résultats récents de la « Plateforme longitudinale entre l’éducation et le marché du travail » de Statistique Canada ont toutefois révélé que les diplômés de ces programmes avaient le revenu d’emploi médian le plus élevé deux ans après l’obtention de leur diplôme.

Mais les programmes de premier cycle ne coûtent pas tous aussi chers : au Québec par exemple, le site de l’Université Laval indique qu’une année de 30 crédits coûte 2544 $, somme à laquelle s’ajoutent 912 $ de frais obligatoires.

Pour les étudiants venus de l’étranger, les droits de scolarité ont augmenté de 7,6 % pour le premier cycle pour se chiffrer à 29 714 $ par année. Aux cycles supérieurs, ils ont augmenté de 4,4 %.