L’alimentation des enfants à l’école s’est améliorée de 13 % entre 2004 et 2015, selon une étude réalisée par l’Université de la Colombie-Britannique.

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne

La boursière postdoctorale Claire Tugault-Lafleur et ses collègues ont étudié les données d’Enquêtes sur la santé dans les collectivités canadiennes menées en 2004 et 2015, et qui englobaient quelque 7000 enfants de partout au pays âgés de six à 17 ans. Les participants ont fourni des réponses concernant leur alimentation au cours des 24 dernières heures.

L’étude a analysé l’alimentation des enfants pendant les heures d’école, soit entre 9h et 14h, à l’aide de l’indice C-HEI (Canadian Healthy Eating Index), dont le score découle de 11 composantes d’une alimentation saine.

«Là où on a vu le plus de changements, c’était au niveau de la malbouffe, a dit Mme Tugault-Lafleur, qui est nutritionniste. Les enfants mangeaient moins de malbouffe en 2015 qu’en 2004, et un peu plus de légumes. Par contre, on restait très loin des recommandations concernant les légumes, mais aussi les produits à grains entiers. Donc plus de légumes définitivement, plus de fruits entiers — pas des jus, des vrais fruits — et plus aussi de produits laitiers.»

L’amélioration de 13% notée pendant cette période de 11 ans est néanmoins attribuée à une hausse de la consommation de fruits et légumes et à une réduction de la consommation de calories provenant d’aliments peu nutritifs (comme les boissons sucrées et les gâteries salées).

Les observations concernant la qualité alimentaire à l’école concernent principalement des aliments que les enfants amènent de la maison, puisqu’une étude précédente a démontré qu’environ 70% des enfants canadiens amènent de la nourriture qui provient de la maison, a dit la chercheuse.

«On a observé dans plusieurs études, au Canada et dans d’autres pays, qu’il y a une petite détérioration alimentaire qui se produit entre les enfants d’âge (primaire) et les enfants qui arrivent au secondaire, en grande partie parce que l’environnement alimentaire dans les écoles a changé», a ajouté Mme Tugault-Lafleur.

Les plus jeunes mangent mieux

En effet, cette nouvelle enquête a également constaté que l’alimentation des enfants plus jeunes était meilleure que celle des enfants plus vieux.

«La plupart des écoles primaires n’ont pas de cafétéria, donc les parents n’ont trop le choix, tout doit passer par la boîte à lunch. Pour ce qui est du secondaire, il y a un petit peu plus de choix, mais il y a aussi beaucoup d’autonomie», a-t-elle expliqué.

Les améliorations vues en 2015 par rapport à 2004 sont probablement attribuables à différents facteurs, a poursuivi Mme Tugault-Lafleur. Elle évoque entre autres les politiques adoptées par plusieurs provinces concernant l’alimentation dans les écoles et une prise de conscience au niveau de la société et des parents concernant l’importance de bien manger.

«Mais ça aussi ça pose un problème, parce que peut-être qu’en 2015 les gens étaient moins portés à rapporter les éléments moins nutritifs, parce qu’ils savent que c’est moins bon, a-t-elle rappelé. Ça pourrait être une source d’erreur.»

En cette période de retour en classe, elle demande aux parents qui recommenceront à préparer des lunchs d’éviter «les aliments qui sont très faciles à mettre dans la boîte à lunch parce qu’ils sont déjà emballés, mais qui contiennent souvent beaucoup de gras saturés, de sodium, de sucres ajoutés».

«Il faut aussi se poser la question au niveau de la société, a dit Mme Tugault-Lafleur. On doit penser à améliorer l’accès à des aliments sains dans les écoles, pour que ce soit facile pour les parents. On a tendance à en mettre beaucoup sur le dos des parents.»

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal scientifique Public Health Nutrition.