Un projet de loi pour abolir les commissions scolaires pourrait être déposé à Québec dès cet automne pour les remplacer par des « centres de services aux écoles », mais, d’ici là, la plus grande commission scolaire de la province cherche à remplacer un commissaire démissionnaire.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Le candidat choisi devra « avoir à cœur la réussite des élèves et la valorisation de l’école publique », avoir « la capacité d’accompagner les parents et être à l’écoute des priorités et des besoins des écoles » et savoir travailler en équipe, indique la Commission scolaire de Montréal (CSDM) sur son site internet.

Il représentera la circonscription de Mercier, tout à l’est du territoire de la commission scolaire. Le commissaire précédent a quitté son poste à la fin de juin.

En juin 2018, le gouvernement libéral a adopté un projet de loi reportant les élections scolaires de deux ans, le temps de mettre en place un système de votation électronique. En vertu de cette loi, si un candidat démissionne d’ici la prochaine élection, prévue le 1er novembre 2020, le conseil des commissaires doit lui trouver un remplaçant plutôt que de procéder à des élections.

« Est-ce qu’on est obligés de pourvoir ce poste ? », demande la commissaire indépendante de la CSDM, Violaine Cousineau. « C’est ridicule : l’automne prochain, le gouvernement veut déposer un projet pour abolir les élus scolaires. Je me demande ce qu’en pense le ministre et combien de temps il va nous laisser pourvoir des postes. C’est beaucoup d’énergie investie pour des gens qui vont être en poste quelques mois », dit-elle

« On sent notre arrêt de mort »

En 2018-2019, la rémunération de base d’un commissaire scolaire s’élevait à 14 121 $. Ceux qui sont membres d’autres comités touchent une rémunération supplémentaire. La CSDM indique dans son offre d’emploi que la charge de travail est d’au minimum une dizaine d’heures par semaine.

La CSDM n’a pas été en mesure de répondre à nos questions en raison des vacances scolaires. Selon la commissaire indépendante, toutefois, des candidats se sont montrés intéressés.

Violaine Cousineau dit qu’elle souhaite dans l’avenir continuer à défendre l’école publique, mais estime qu’il y a en ce moment une « atmosphère de fin de règne » au sein du conseil des commissaires. « On sent notre arrêt de mort, on sent qu’à Québec, on en a de moins en moins à cirer des élus scolaires », dit-elle.

Aux dernières élections scolaires, en 2014, seuls 4,86 % des électeurs inscrits dans la province se sont prévalus de leur droit de vote. L’ensemble du Québec compte un peu plus de 700 commissaires scolaires.