Le gouvernement fédéral bonifiera son soutien financier aux écoles des communautés francophones et anglophones minoritaires — mais en exigeant la garantie des provinces et territoires que ces fonds arriveront à bon port.

Roxanne Ocampo
La Presse canadienne

La ministre des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a annoncé mardi l’allocation de 60 millions supplémentaires sur quatre ans pour appuyer spécifiquement l’enseignement aux jeunes francophones et anglophones en milieu minoritaire, et ce, des niveaux préscolaire à postsecondaire.

La ministre fait valoir que ces investissements s’adressent plus particulièrement aux francophones hors Québec, dont les écoles sont souvent sous-financées par rapport à celles de la majorité anglophone.

C’est pourquoi l’enveloppe de 60 millions sera conditionnelle à des engagements de la part des provinces et territoires en matière de reddition de comptes et de consultation des intervenants concernés.

Il s’agit là d’une demande de longue date des conseils scolaires francophones, relève la ministre Joly.

« Lorsque les provinces abdiquent leurs responsabilités de protéger leurs francophones, eh bien nous, on est là pour les protéger », a-t-elle tenu à souligner, lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne lundi.

« Ça arrive souvent dans les provinces où il y a des gouvernements conservateurs », a ajouté la ministre.

Questionnée sur les provinces fautives qu’elle avait en tête, Mélanie Joly n’a pas hésité à nommer l’Ontario, présentement dirigé par les progressistes-conservateurs de Doug Ford.

L’annonce de mardi prépare d’ailleurs le terrain pour la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, qui s’ouvrira mercredi à Iqaluit, au Nunavut, et qui réunira jusqu’à vendredi les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables de la francophonie.

« C’est sûr que je vais vouloir réitérer l’importance pour le gouvernement fédéral non seulement de soutenir les conseils scolaires, mais en plus, de pouvoir arriver à la conclusion d’une entente avec mes homologues », a expliqué la ministre Joly.

Disponibles dès 2019-2020, les nouveaux fonds s’ajouteront aux 235 millions déjà alloués annuellement pour l’éducation dans les communautés dites de langue officielle en situation minoritaire.

Cette enveloppe n’avait pas été bonifiée depuis plus de dix ans. Et les besoins se faisaient pourtant grandissants.

Selon les chiffres fournis par l’attaché de la ministre, les écoles de minorité francophone ont connu une hausse de 132 % de leurs effectifs au Yukon et de 125 % en Alberta depuis l’année scolaire 2003-2004. Sur la même période, la fréquentation de telles écoles a bondi de 37 % en Nouvelle-Écosse et de 30 % à l’Île-du-Prince-Édouard.