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Il y a trop d'examens, disent les enseignants

Six épreuves ministérielles sont imposées au total aux... (PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Six épreuves ministérielles sont imposées au total aux élèves de quatrième et de sixième année du primaire, en français et en mathématiques.

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

PATRICE BERGERON
La Presse Canadienne
Québec

Les enseignants s'insurgent contre le nombre jugé trop élevé d'examens imposés aux élèves.

C'est ce que révèle une vaste consultation réalisée par la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et obtenue par La Presse canadienne vendredi.

Près des trois quarts des profs consultés (73,4 %) affirment qu'« il faut remettre en question le nombre d'examens imposés par le ministère ».

De même, ils sont 67,1 % à remettre en question le nombre d'examens imposés par la commission scolaire.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne vendredi, la présidente de la FSE, Josée Scalabrini, a affirmé que les évaluations ont été détournées de leur finalité : elles ne servent que de statistiques comparatives aux gestionnaires, plutôt que d'aider l'enfant à cheminer et le parent à le suivre dans son apprentissage.

« Les enseignants disent : peut-on revenir à la base, donc à quoi sert l'évaluation. [...] Les chiffres sont devenus plus importants que l'apprentissage des élèves. Peut-on arrêter de stresser les élèves avec des évaluations ? »

Elle évoque le sort des élèves de sixième année, qui sont « en évaluation pendant un mois et demi parfois », avec des examens du ministère, de la commission scolaire et de l'école.

Six épreuves ministérielles sont imposées au total aux élèves de quatrième et de sixième année du primaire, en français et en mathématiques. Au secondaire, la liste comprend 12 épreuves.

Cette obsession des notes entraîne des « dérives en éducation » depuis plusieurs années, a-t-elle déploré.

De façon peu surprenante aussi, les enseignants sont massivement contre (98,5 %) la « manipulation des résultats », soit la révision des notes à la hausse, pour embellir les moyennes, qui avait été constatée il y a quelques années et qui avait fait scandale.

Cette quasi-unanimité révèle une prise de conscience : « ça se faisait énormément et un peu partout », a commenté Mme Scalabrini.

Des messages au gouvernement

Les membres du syndicat sont également résolument défavorables à des orientations que pourrait prendre le gouvernement. Ils sont contre la création d'un ordre professionnel (86,4 %) et contre aussi la mise sur pied d'un Institut national d'excellence en éducation (92,3 %).

« On n'en veut toujours pas de l'ordre professionnel », même 20 ans après la première consultation sur ce sujet, a insisté la présidente du syndicat. Selon elle, la Loi sur l'instruction publique contient déjà toutes les dispositions pour protéger le public.

Quant à l'Institut, il y a déjà abondamment d'organismes qui font de la recherche en pédagogie, et un gouvernement de la Coalition avenir Québec, qui « dit qu'il y a trop de structures, ne devrait pas créer une autre superstructure qui va ajouter sur les épaules et la tâche des enseignants ».

En outre, les membres de la FSE refusent la création d'un statut d'enseignant expert ou émérite, ainsi qu'un système de paie au mérite (94,2 %).

« Qui va mériter quoi ? a demandé Mme Scalabrini. En fonction de quel contexte ? Ne serait-il pas plus plutôt préférable de mettre fin aux écoles à deux vitesses, et de revenir à des écoles équitables, justes, avec de la mixité sociale ? »

Réforme de la formation des maîtres

Enfin, les syndiqués sont massivement pour la réforme des programmes de formation des maîtres à l'université. Il faut « modifier le contenu de la formation », soutiennent-ils à 89,7 %.

« Nos enseignants sentent que nos jeunes ont besoin d'ajustements, a expliqué Mme Scalabrini. Quand ils arrivent dans le milieu, il y a comme un choc avec la réalité de la prise en charge d'une classe, malgré les stages. »

Par exemple, la gestion de classes a changé, les technologies, les communautés d'apprentissage, etc.

Toutefois, une proportion moins importante de répondants, 3 sur 5, est pour la révision à la hausse des critères d'admission aux programmes universitaires. Et 88,6 % tiennent à maintenir la durée actuelle de la formation, soit quatre ans.

Pas moins de 4000 enseignants ont pris part à cette démarche de consultation qui s'est étalée de novembre à mars.

La FSE-CSQ était réunie en colloque jeudi et vendredi à Laval et les résultats de cette consultation devaient être présentés vendredi soir.




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