Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, trouve « surprenamment élevée » la demande d'au moins 20 millions de dollars des commissions scolaires pour instaurer les deux récréations obligatoires de 20 minutes chacune par jour.

Mis à jour le 12 avr. 2019
TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

« Je demande à voir la justification de ce montant-là. Je ne m'attends pas à ce qu'une facture de cette hauteur soit justifiée », a-t-il affirmé à La Presse vendredi, en marge de sa participation au congrès de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE).

Lors de son allocution devant près de 700 directeurs d'école, il a indiqué qu'il était prêt à couvrir pour certaines petites écoles « des coûts à la marge » qu'entraînerait l'instauration des deux récréations.

Il n'est pas question non plus pour lui de permettre à des écoles bondées en milieu urbain de se soustraire à cette obligation, une autre demande de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). « On va trouver des façons d'appliquer cette mesure mais on ne fera pas d'exemption », a-t-il affirmé.

Selon la présidente de la FQDE, Lise Madore, l'opération entraînera des coûts pour certaines écoles, car le transport scolaire devra être revu et que des conventions collectives locales offrent peu de marge de manoeuvre dans la répartition du temps de travail des enseignants.

« À certains endroits, ça peut prendre un autobus de plus, et on doit faire appel à d'autres personnes (que des enseignants, NDLR) pour la surveillance des récréations. C'est sûr qu'il y a des ressources financières qui devront être au rendez-vous pour certains endroits parce qu'autrement, on ne pourra pas l'appliquer », a-t-elle expliqué en entrevue.

Lors d'une période d'échanges avec le ministre à l'occasion du congrès, une directrice d'école de la commission scolaire de l'Énergie, en Mauricie, a présenté les difficultés que pose l'obligation d'offrir deux récréations par jour, une intervention chaudement applaudie par ses collègues. Jean-François Roberge a tenté de faire valoir certains arguments, mais ses interventions ont reçu un accueil très mitigé.

Le ministre a eu beaucoup plus de succès auprès de l'auditoire lorsqu'il a rappelé son intention de revoir la gouvernance du réseau de l'éducation. Il compte abolir les élections scolaires et transformer les commissions scolaires en centres de services. Il veut donner plus de pouvoir aux écoles.