À force de chercher la « mesure qui va le plus plaire à l'électorat », les partis politiques engagés dans la présente campagne électorale oublient de réfléchir à l'état de l'éducation publique au Québec, dénonce la Fédération autonome de l'enseignement (FAE).

Publié le 18 sept. 2018
MARIE-EVE MORASSE LA PRESSE

Le président de cette fédération, qui représente 38 000 enseignants de la province, estime que les « annonces périphériques » faites par les partis au cours des dernières semaines ne suffiront pas à redresser le réseau public.

« On ne dit pas à nos membres pour qui voter ou pas. Mais je constate qu'il y a un manque de vision globale du rôle de l'éducation dans notre société, dit Sylvain Malette. Il y a un constat à faire sur l'état dans lequel on retrouve le réseau des écoles publiques et il n'y a pas un parti qui s'est avancé pour prendre un temps d'arrêt, regarder ce qui se fait de bien et de moins bien. »

« Bon nombre de professeurs désespèrent de cette avalanche d'annonces qui ne va pas au coeur des enjeux », estime en outre le président de la FAE.

La fédération qu'il préside a dévoilé ce matin les résultats d'un sondage qui révèle que près de la moitié de la population est d'avis que l'éducation n'est pas la « priorité [du] gouvernement actuel ».

Sans nommer directement le parti libéral, la FAE a rappelé les « compressions imposé au réseau des écoles publiques imposées par le gouvernement » entre 2010 et 2016.

« Ces compressions ont non seulement marqué les élèves, particulièrement les plus vulnérables, mais elles ont aussi marqué la conscience des Québécoises et des Québécois », croit Sylvain Malette.

Le sondage mené par la FAE révèle en outre que près de neuf québécois sur dix aimeraient voir un « financement stable, régulier, continu et prévisible au réseau des écoles publiques », une proposition mise de l'avant par le Parti Québécois au cours de la présente campagne.

Une très grande majorité (89 %) croit également que davantage de classes spécialisées devraient être mises en place pour les enfants ayant des troubles d'apprentissage ou de comportement.

L'intégration « sauvage et désordonnée » de ces élèves dans les classes régulières alourdit la tâche des enseignants, estime la FAE.

Le sondage web a été mené auprès de 1038 adultes québécois, du 7 au 10 septembre.