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Grève dans 57 CPE: le conflit perdure, les parents tapent du pied

Des grévistes ont manifesté ce matin devant le... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Des grévistes ont manifesté ce matin devant le CPE Le petit sentier, dans Ahuntsic, à Montréal.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Le conflit de travail entre l'Association patronale nationale des centres de la petite enfance (CPE) et les quelque 1350 travailleuses des 57 CPE de Montréal et Laval s'étire alors que les parents seront privés de service pour la huitième journée de suite aujourd'hui.

Rien n'indique qu'une entente de principe pourrait être conclue avant le week-end, à en croire la partie syndicale, qui affirme que les dernières offres patronales ne comportaient « aucune avancée » sur leurs priorités. Les parties doivent tenir une nouvelle séance de négociation devant le conciliateur du ministère du Travail, ce matin.

« Honnêtement, à ce stade-ci, je ne peux pas vous dire quelle sera la suite des choses », a concédé la vice-présidente à la négociation pour la partie syndicale, Nathalie Fontaine, en entrevue à La Presse. Mardi dernier, le syndicat a soumis une proposition « sérieuse » qui, croyait-il, pouvait mener les parties à une entente de principe.

Dans une vidéo diffusée mercredi dernier sur la page Facebook destinée à informer ses membres, Mme Fontaine soutient que la réponse de la partie patronale à cette dernière offre syndicale est « méprisante » et que l'employeur et les conseils d'administration agissent comme s'ils « ne voulaient pas voir [les syndiqués] retourner offrir le service ».

La grève, qui prive 3000 enfants de leur service de garde, est maintenue depuis le 6 juin dernier. « À écouter cette vidéo sur Facebook, on présume qu'il n'y aura pas d'acceptation au niveau syndical », a pour sa part indiqué la porte-parole de la partie patronale, Chantal Bellavance, qui assure que « des compromis importants ont été faits ».

« C'est inquiétant parce que je pense que tout le monde a intérêt à ce que ça se règle, ajoute-t-elle. Je pense que même le syndicat doit commencer à sentir la pression, qui est forte par les travailleuses et les parents [...] On comprend tout à fait les irritants pour les parents notamment et on trouve ça désolant. »

CASSE-TÊTE POUR LES PARENTS

À l'aube de cette huitième journée de grève, des parents doivent user de diverses stratégies pour faire garder leurs enfants. Certains les confient à des proches et même s'organisent entre eux pour accueillir les bambins des autres parents. D'autres n'ont malheureusement pas ces options et commencent à être coincés avec la grève qui s'étire.

« Honnêtement, je comprends les éducatrices, mais chez nous, ça devient compliqué », a confié Khalifa Yahiaoui, dont les deux enfants fréquentent le CPE. « Notre famille n'habite pas ici alors c'est ma conjointe ou moi qui devons prendre congé. »

« On commence à être à bout. J'espère que ça se réglera bientôt. » - Khalifa Yahiaoui

M. Yahiaoui indique même qu'il se verra dans l'obligation de se tourner vers une garderie privée si le conflit perdure la semaine prochaine. Martin Beaulieu est aussi resté à la maison hier, avec ses jumeaux. « Nous sommes bien entourés et ma femme a un travail assez flexible, mais il y a des jours où ça coince un peu, comme aujourd'hui. On n'avait personne. »

M. Beaulieu dit néanmoins soutenir à « 100 % » la cause des éducatrices. « Je considère que ces filles-là n'ont pas des conditions de travail adéquates, qu'elles ne sont pas reconnues à leur juste valeur. Elles passent presque autant de temps avec mes enfants que moi-même. C'est plus que du gardiennage, elles font un travail vraiment important », a-t-il dit.

Le Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et Laval et la partie patronale s'attendent à ce que des séances de négociation se tiennent aussi ce week-end pour en venir à un dénouement d'ici à lundi matin. Une entente de confidentialité empêche les parties de révéler les détails des discussions, qui se déroulent devant un conciliateur depuis le 1er juin.

Rappelons que les pourparlers achoppent sur des enjeux reliés à l'organisation du travail, à l'ancienneté et à l'attribution des journées de vacances. Les travailleuses visées par ce conflit sont sans convention collective depuis mars 2015.




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