Étudiants étrangers: Montréal joue la carte de la «petite séduction»

En 2016, le Québec accueillait 38 000 étudiants... (photo andré pichette, la presse)

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En 2016, le Québec accueillait 38 000 étudiants étrangers.

photo andré pichette, la presse

Le Québec aimerait que deux fois plus d'étudiants étrangers qui terminent leurs études dans la province y restent pour s'y bâtir une vie. À Montréal, plusieurs organisations font front commun pour séduire ces futurs travailleurs.

Dans la salle de séjour d'une résidence étudiante de McGill, la table de buffet, couverte de sandwichs aux oeufs et au thon, de crudités et de biscuits au chocolat, semble abandonnée. Dans la même pièce, une trentaine d'étudiants consacrent plutôt toute leur énergie... à décorer une maison en pain d'épices.

L'activité pourrait ressembler à cent autres célébrations du temps des Fêtes, si ce n'était des conférenciers. Des représentants de Montréal international, de Tourisme Montréal, de la Vitrine culturelle et des services aux étudiants étrangers de l'Université McGill profitent de ce repas festif pour planter une graine dans la tête des étudiants : si vous considérez la possibilité de rester au Québec après vos études, c'est le temps d'y penser maintenant.

Au détour, les organisations suggèrent aussi une liste d'activités culturelles - parfois gratuites - dont pourront tirer profit les étudiants en vacances : l'exposition sur Leonard Cohen au Musée d'art contemporain, les fêtes de clôture du 375e anniversaire de Montréal, les projections sur les murs du Vieux-Montréal. Par tirage au sort, des billets gratuits sont distribués à une poignée de participants.

« On travaille avec tous ceux qui peuvent nous aider à faire tomber les étudiants en amour avec Montréal et le Québec », explique Mathieu Lefort, directeur de projet à Montréal international.

OBJECTIF RÉTENTION

L'organisation, qui fait la promotion de Montréal à l'étranger, aimerait voir doubler le nombre d'étudiants étrangers qui obtiennent des documents d'immigration au Québec après avoir reçu leur diplôme.

Si, en 2015, un diplômé sur cinq obtenait un certificat de sélection de la province, soit la première étape vers l'obtention d'une résidence permanente, le gouvernement du Québec ainsi que Montréal international aimeraient que ce taux atteigne plus de 40 % au cours des prochaines années.

« Recruter des talents, c'est l'enjeu numéro 1, c'est critique pour les entreprises locales et étrangères ainsi que pour les organisations internationales qui s'installent à Montréal. Les étudiants internationaux obtiennent des diplômes du Québec, ils parlent plusieurs langues et, à la fin de leurs études, ils connaissent le Québec. Ils ont des repères, un réseau. Il faut travailler avec ces talents-là afin qu'ils restent davantage  », dit Mathieu Lefort. Selon des études, le Québec traîne la patte à ce chapitre par rapport à l'Ontario.

L'EMPLOI EN PREMIER

Qu'est-ce qui fait qu'un étudiant décide de s'installer à Montréal  ? Les étudiants rencontrés à la fête de Noël avaient en tête plusieurs réponses. « Les pronostics pour le marché du travail sont bien meilleurs ici qu'au Maroc. Si je trouve un emploi après ma graduation, je veux rester ici », dit Zinep Hameda Benchekroun, étudiante en architecture.

« J'ai envie de rester au Québec après mes études, mais le français, c'est difficile. Je vais tenter d'apprendre la langue pendant mes études », affirme Emily Yang, 19 ans, qui est arrivée de Chine au début de l'automne.

Les deux jeunes femmes, qui n'en sont qu'à leur première année d'université, pensent déjà aux prochaines étapes de leur vie à Montréal. « L'intérêt pour rester au Québec est de plus en plus grand. L'économie est forte, il y a des emplois, mais il reste des défis », note Jing Zhou, 22 ans.

Diplômé récent, le jeune homme est en plein processus d'immigration et vient d'accepter un poste à l'Université McGill qui lui permettra d'aider d'autres diplômés à faire la transition des études à l'immigration permanente.

LANGUE ET PROCÉDURES

Parmi les principaux obstacles, la nécessité de maîtriser à la fois le français et l'anglais ainsi que la mauvaise compréhension du système d'immigration arrivent en premier, note Mathieu Lefort. Son équipe a donc organisé plus de 60 séances d'information au cours de la dernière année.

Construire un réseau professionnel est le troisième défi. C'est pour cette raison que Montréal international a mis sur pied des séances de « speed-dating » entre étudiants étrangers et employeurs potentiels.

«  Il y a d'autres endroits qui font du bon travail pour garder les étudiants étrangers à long terme. La Nouvelle-Écosse a un projet intéressant. Nous regardons aussi l'exemple de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, mais le Canada et Montréal sont bien positionnés. Montréal a été nommé meilleure ville pour les étudiants étrangers en 2017. Aussi, avec le contexte politique aux États-Unis, ainsi que le Brexit en Grande-Bretagne, plus d'étudiants étrangers s'intéressent à nous soudainement  », dit M. Lefort. D'ici la fin de son projet, en 2019, lui et son équipe comptent bien profiter de ce vent favorable.

LES ÉTUDIANTS ÉTRANGERS AU QUÉBEC

En 2016, le Québec accueillait 38 000 étudiants étrangers. Près de 80 % d'entre eux fréquentaient une université montréalaise.

McGill : 9300 étudiants étrangers

Concordia : 6000

Université de Montréal : 5700

Université du Québec à Montréal (UQAM) : 3600

HEC Montréal : 2100

Polytechnique : 2100

École de technologie supérieure : 1200




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