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Garderies: les négociations sont rompues

Québec a annoncé ce printemps des compressions de... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Québec a annoncé ce printemps des compressions de 14,9 millions de dollars dans le réseau de garderies privées.

Photo Alain Roberge, archives La Presse

(Québec) Les négociations sont rompues entre le gouvernement Marois et l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) sur les compressions de 15 millions de dollars. L'AGPQ se résigne à assumer la facture.

« On va l'avaler la pilule, on va l'avaler la coupe, mais je peux vous dire une affaire: on va continuer à parler et à se défendre parce que ça n'a pas de bon sens ! » a tonné le président de l'AGPQ, Sylvain Lévesque, jeudi. Il prévoit que les coupes vont entraîner la mise à pied d'aides-éducatrices.

Les parties ne sont pas parvenues à s'entendre au terme de pourparlers qui ont duré près de trois heures. « On ne niaise plus avec ça, c'est fini, a laissé tomber M. Lévesque à la sortie de la rencontre. On a fait des propositions, mais ça ne fonctionne carrément pas. Qu'on nous impose la coupe. On va utiliser d'autres moyens que la grève pour se faire entendre. »

L'AGPQ a proposé à la ministre de la Famille, Nicole Léger, d'accepter ses compressions de 15 millions de dollars cette année à deux conditions. Elle a demandé que le gouvernement retire ses amendes de 800 000$ imposées à la suite de la grève du 22 mai. Elle a également réclamé de modifier une entente signée l'an dernier, sous les libéraux. Cette entente prévoit que les garderies privées recevront d'ici 2017 les mêmes subventions que les centres de la petite enfance (CPE) si elles donnent des salaires équivalents à leurs éducatrices. M. Lévesque a demandé de devancer l'échéancier d'un an, ce qui aurait coûté à l'État environ sept millions de dollars selon lui.

Nicole Léger a opposé une fin de non-recevoir aux deux conditions. « La ministre nous a dit : vous nous demandez de l'argent. Mais c'est ça des négos, c'est du donnant-donnant », a fait valoir Sylvain Lévesque. « On est prêts à faire l'effort budgétaire cette année, qu'ils fassent leur effort dans trois ans. C'est pour nos éducatrices, pas les gestionnaires. On demande l'équité pour nos éducatrices par rapport à celles des CPE, ce n'est pas de l'argent qui va dans nos poches. »

Selon lui, Nicole Léger fait preuve d'une intransigeance inégalée. «Ça fait 17 ans que je négocie avec le ministère, et je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi ridicule. Je n'ai jamais vu une négociation aussi stupide de ma vie », a-t-il lancé. Selon lui, la ministre veut miner le réseau privé parce qu'elle a un préjugé défavorable envers lui.

Mardi, la veille d'une manifestation de l'AGPQ, Nicole Léger a conclu une entente de principe avec son concurrent, plus petit, le Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ). Selon cette entente, les compressions sont modulées. Plus une garderie donne de bons salaires à ses éducatrices, moins elle subira de compressions. Pour une garderie qui verse le salaire moyen de 17,74$ l'heure, la coupe sera d'environ 21 000$ - la même somme que si les 14,9 millions avaient été répartis de façon égale entre les établissements. Les garderies qui paient leurs éducatrices en deçà de cette moyenne vont écoper davantage, et vice versa.

Le RGPQ soumettra l'entente à ses 149 membres vendredi. L'APGQ, qui dit compter environ 300 membres, la soumettra au vote également. Mais selon son président, « ça ne passera jamais ». « Elle veut faire supporter la coupe de 15 millions à 35 garderies. Il y en a juste 35 qui sont à 15-16 dollars de l'heure. On ne peut pas faire ça. Ils ne savent pas compter », a plaidé M. Lévesque. 

L'AGPQ proposera à ses membres de voter en faveur d'une proposition visant à ce que les compressions soient réparties de façon égale entre les 650 garderies privées subventionnées du Québec (340$ par place ou près de 28 000 $ pour une garderie qui a 80 places).

« On se réserve le droit de continuer de manifester les samedis, boycotter les comités du ministère pour le développement des places. On a le droit de faire ça sans être mis aux amendes », a souligné M. Lévesque.




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