L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) est une organisation essentiellement blanche et francophone qui n'offre «pas beaucoup d'ouverture» aux minorités, ont affirmé les étudiantes élues au comité des luttes sociales, ce matin, pour expliquer leur démission.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Les deux responsables officielles du comité et une collaboratrice, Myriam Tardif, Rushdia Mehreen et Beatriz Munoz, ont signé une longue lettre dans laquelle elles expriment leurs reproches à l'ASSÉ : «Nous avons perçu un certain mépris envers les étudiant-e-s racisé-e-s, allophones ou anglophones; comme si leur capacité à bien comprendre les enjeux et les débats était mis en doute. Certain-e-s ont eu l'impression d'être considéré-e-s comme moins intelligent-e-s, du fait de la différence de langue ou de la façon de s'exprimer.»

Plus loin dans leur lettre, les trois militantes relèvent l'absence presque totale d'étudiants issus de minorités culturelles aux congrès, qui rassemblent des représentants de toutes les associations étudiantes locales.

Elles déplorent aussi les jeux de pouvoirs qui se sont installés entre l'équipe nationale et les militants: «Nous trouvons que l'exécutif a trop de poids et de pouvoir. Nous ne croyons pas que des relations patronales devraient se mettre en place dans une organisation où tout le monde veut s'engager à fond et le fait de manière bénévole.»

À l'ASSÉ, on assure que ces critiques seront abordées lors d'un congrès d'orientation prévu dans quelques semaines.

«Les associations étudiantes vont être invitées à prendre position sur ces éléments là», a expliqué Valérie Plante-Lévesque, en charge des relations de presse de l'organisation.

Mme Plante-Lévesque a ajouté que selon elle, ces critiques visaient davantage les membres de l'exécutif que toute l'organisation.