Tout le monde n'est pas capable de travailler dans une école défavorisée. Ce sont les enseignants de l'école Champlain qui le disent, en soulignant l'importance de faire preuve d'empathie et d'ouverture.

Pascale Breton LA PRESSE

L'enseignant doit se mettre dans la peau d'un enfant inquiet parce que sa mère boit trop. Ou à la place de parents qui combinent difficilement de petits emplois précaires pour que leurs enfants aient de quoi manger.

Quand Pascale Drainville-Lavallée, enseignante de maternelle, entend des politiciens proposer de rémunérer davantage le personnel des écoles défavorisées, comme ce fut le cas de la Coalition avenir Québec, elle se braque.

«Je ne voudrais pas travailler avec quelqu'un qui est là juste pour avoir quelques milliers de dollars de plus. Je ne pense pas que c'est intéressant pour les autres professeurs, ni pour les enfants non plus», dit-elle.

Ses collègues partagent son opinion. La plupart des enseignants et des membres du personnel de l'école Champlain sont en poste depuis plusieurs années. Certains y sont depuis 10 ans. D'autres ont attendu impatiemment qu'un poste s'ouvre pour enfin y retourner.

Cette école, ils l'aiment. «Les élèves sont tellement attachants», lance Michel-Yves Lepage, qui enseigne dans une classe combinée de 1re et 2e année.

À Noël et à la fin des classes, les élèves apportent rarement des cadeaux, si ce n'est des babioles du Dollarama. «Ce n'est tellement pas important. Ici, je me sens aimée. C'est cela, le plus important», lance Myriam St-Pierre, enseignante de 6e année.