Bien que leurs professeurs condensent les cours le plus possible pour présenter toute la matière prévue, des étudiants se disent conscients d'avoir une formation au rabais parce qu'ils sont incapables d'assimiler autant de matière en si peu de temps.

Publié le 25 sept. 2012
Pascale Breton LA PRESSE

Plusieurs se préparent à avoir des notes plus basses qu'à l'habitude. «Nous allons en pâtir. Je suis en train de demander une remise pour mes travaux parce que je considère que je ne réussirai pas à rendre un travail de qualité universitaire», raconte Justine Gervais-Chapleau, finissante en histoire de l'art à l'Université de Montréal.

D'autres songent à abandonner leurs cours si le résultat n'est pas à la hauteur de leurs attentes. À l'Université du Québec à Montréal, les étudiants ont jusqu'au 30 septembre, soit après la fin du trimestre, pour abandonner un cours sans mention d'échec.

«Beaucoup attendent de voir leurs notes pour décider s'ils annulent un cours», affirme Daniel Crespo, coordonnateur général de l'Association facultaire des étudiants en science politique et en droit, faculté particulièrement éprouvée par la grève.

C'est paradoxal quand l'on se rappelle les enjeux de la grève, souligne Amélie, étudiante en histoire à l'UQAM. «On se bat contre une éducation au rabais et on doit maintenant assimiler la matière de façon si rapide qu'on la recrache dans les examens et on ne retient rien.»

Les professeurs sont conscients de la situation. «Les étudiants ne pourront pas s'engager autant dans leurs travaux. C'est vrai aussi qu'il y a plus d'abandons. Les notes risquent d'être moins élevées», indique le président du Syndicat des professeurs de l'UQAM, Jean-Marie Lafortune.

Le calendrier du trimestre donne l'impression que l'éducation est une simple marchandise, comme s'il suffisait de condenser des blocs d'heures de cours, déplore pour sa part le président du Syndicat général des professeurs de l'Université de Montréal, Jean Portugais.

«Comme si on pouvait comprimer à la demande et que les cerveaux allaient suivre», lance M. Portugais en ajoutant que cette grève servira certainement de «laboratoire» pour certains professeurs qui voudront en étudier les conséquences.

«C'est certain qu'il y a des conséquences de baisse de qualité malgré les efforts supplétifs de tout le monde. Dans certaines matières, vous ne pouvez pas assimiler au-delà d'un certain nombre de choses dans une certaine durée», ajoute-t-il.