Au Québec, le modèle de coenseignement, ou team-teaching, a fait ses preuves dans les classes d'adaptation scolaire pour des élèves en difficulté au secondaire, mais demeure encore peu répandu dans les classes régulières du primaire.

Mis à jour le 21 juin 2012
Pascale Breton LA PRESSE

Des projets-pilotes existent tout de même un peu partout au Québec. Certaines écoles ont tenté l'expérience, d'autres ont implanté le coenseignement depuis 30 ans. C'est le cas de l'école du Boisjoli, à Sherbrooke.

Gros avantages

«À mon sens, les avantages anticipés dépassent largement, quantitativement et qualitativement, les inconvénients anticipés. On devrait au moins réfléchir et examiner sérieusement cette façon de faire comme un dispositif qui peut améliorer le vécu scolaire des élèves, mais aussi celui des enseignants», analyse Roch Chouinard, professeur à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal et spécialiste des modèles organisationnels.

Le fait d'avoir deux enseignants dans une même classe facilite la gestion. Le cours n'est pas constamment interrompu: un enseignant peut intervenir auprès d'un élève pendant que l'autre poursuit la démonstration magistrale pour le groupe.

Soutien et aide

L'enseignant se sent soutenu, l'élève se sent aidé. «On sait qu'avec les élèves en difficulté, ce genre de dispositif donne de très bons résultats», souligne M. Chouinard, en faisant référence au modèle des classes d'adaptation scolaire, qui a fait ses preuves.

Les études montrent que les élèves progressent rapidement, ajoute-t-il. Difficile toutefois d'évaluer à quel point les notes augmentent réellement. Il faudrait davantage de recherches sur le sujet.

Évidemment, il faut une certaine chimie entre les enseignants, et le modèle ne peut être imposé. «Mais si j'étais directeur, j'aurais de la misère à refuser cela», lance M. Chouinard.