Une vingtaine d'écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) sont sous haute surveillance en raison de la qualité de l'air qu'on y respire. Une dizaine ont fait l'objet d'interventions de la part de la direction de la santé publique.

Pascale Breton LA PRESSE

> En savoir plus: les écoles priorisées par la CSDM (PDF)

> En graphique: Écoles où la santé publique est impliquée

> En graphique: Suivi des écoles problématiques

La CSDM a dévoilé son programme de qualité de l'air hier, dans la foulée des problèmes de moisissures mis au jour dans plusieurs écoles depuis quelques mois.

Les 29 écoles qui font l'objet d'un suivi prioritaire ont été ciblées en raison des problèmes qui y sont déjà identifiés ou suspectés, ou encore parce qu'elles font déjà l'objet d'un suivi ou d'une analyse plus approfondie de la part de la santé publique de Montréal.

«On n'est pas en train de dire qu'on a 29 écoles malades, ni qu'on a des enfants malades, ni du personnel malade. On est en train de dire qu'en matière de prévention, c'est la priorité des priorités», explique la présidente de la CSDM, Diane De Courcy.

Une grille répertoriant les 214 écoles de la CSDM a été conçue en fonction de 9 critères, notamment la présence de moisissures, l'historique connu d'infiltrations d'eau, l'âge du bâtiment et l'indice de vétusté.

Copié sur le modèle de surveillance de l'amiante dans les écoles de la CSDM, le programme prévoit l'inspection de tous les bâtiments au cours des cinq prochaines années.

En 2012-2013, 75 écoles seront visitées, dont les 29 écoles jugées prioritaires.

«L'objectif ultime est d'assurer un milieu de vie avec un air de bonne qualité pour faire en sorte que toute la problématique des problèmes de santé soit prévenue ultimement», explique le Dr Louis Drouin, responsable du secteur environnement urbain et santé à la direction de la santé publique de Montréal.

Par «mesure préventive», la CSDM identifie actuellement une douzaine d'établissements qui pourraient accueillir de façon temporaire des élèves et du personnel, s'il s'avérait qu'ils doivent être transférés en raison de problèmes majeurs. Des discussions sont en cours avec la commission scolaire English Montreal à ce sujet.

«On n'en est pas là du tout», précise toutefois Mme De Courcy au sujet de nouvelles fermetures d'écoles.

De simples mesures comme l'ouverture des fenêtres ou de nouvelles techniques de nettoyage permettent souvent d'enrayer les problèmes mineurs, explique le directeur général de la CSDM, Gilles Petitclerc.

Si des travaux majeurs sont à réaliser, il vaut mieux reloger les élèves et le personnel afin d'offrir un climat propice à l'enseignement.

«Pour la CSDM, le transfert des élèves constitue la dernière étape. Nous sommes tout à fait conscients de ce que cela représente» pour les élèves et leurs familles, ajoute M. Petitclerc.

Qui paiera la facture?

Le programme est évalué à 68 millions. Une somme qui ne tient pas compte du coût des travaux de réfection et de décontamination.

L'intervention du gouvernement est nécessaire, affirme Mme De Courcy. Deux rencontres ont déjà eu lieu à ce sujet. «Une chose est sûre, la somme de 68 millions ne peut pas être prise à même le budget de la CSDM.»

Les écoles de la CSDM ont en moyenne 65 ans. La complexité des travaux repose aussi sur le fait que 137 de ses bâtiments ont un caractère patrimonial.