L'affluence dans les écoles va souvent de pair avec la construction de nouvelles habitations. Dans plusieurs municipalités en périphérie de Montréal, les écoles sont remplies à pleine capacité. Maintenant que les classes sont finies, les commissions scolaires jonglent avec un difficile casse-tête: préparer la prochaine rentrée scolaire en s'assurant que chaque élève ait une place.

Pascale Breton LA PRESSE

Les nombreux projets d'agrandissement et de construction d'écoles, annoncés par Québec au printemps, ne seront pas suffisants. Il manquera encore de locaux au cours des prochaines années pour accueillir tous les élèves, surtout en périphérie de Montréal.

La construction de nouvelles habitations dans plusieurs municipalités, conjuguée à la baisse de ratio dans les classes et la nouvelle pondération faisant en sorte qu'un élève en difficulté comptera pour trois ou quatre élèves -selon que l'école est défavorisée ou non- causent des maux de tête aux commissions scolaires. Voici un tour d'horizon.

Près du pont Mercier et du tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine

Dans le secteur couvert par la Commission scolaire des Patriotes, 1600 places devront être trouvées au cours des prochaines années en raison de ces trois facteurs réunis.

Plusieurs quartiers de Carignan, Beloeil, Saint-Amable et Saint-Basile-le-Grand, entre autres, ont vu leur population croître au fil des ans, au point que plusieurs enfants ne peuvent aller à leur école de quartier.

Rien qu'à Saint-Amable, le nombre d'enfants va augmenter de 34% d'ici 2014-2015, indique la directrice adjointe de la commission scolaire, Catherine Haupert. Québec a d'ailleurs autorisé l'agrandissement d'une école dans ce secteur.

Des demandes d'agrandissements ont aussi été déposées pour Carignan et Mont-Saint-Hilaire. «En ce moment, 30% des élèves de Carignan sont transférés dans les écoles de Chambly», souligne Mme Haupert.

À Boucherville, le problème est différent. Les écoles sont toutes situées dans les vieux quartiers alors que les jeunes familles se trouvent dans les nouveaux secteurs.

«Malheureusement, les écoles ne sont pas sur roulettes. On ne peut pas les déplacer au gré des constructions immobilières, alors on déplace les élèves», dit Mme Haupert.

Sur le territoire de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, le nombre d'élèves est aussi en croissance. «Dès qu'il y a un nouveau projet dans une municipalité, on se met aux aguets pour en voir l'impact», explique la présidente du conseil des commissaires, Marie-Paule Kerneïs.

Châteauguay, Napierville et Saint-Rémi sont des secteurs névralgiques. Des agrandissements ont déjà été annoncés dans une école de La Prairie et de Candiac.

Il y a une forte demande pour les classes de maternelle. Dans les secteurs de Châteauguay et de Mercier, le nombre d'élèves de cinq ans passera de 498 à 600 entre 2012 et 2016. À Candiac, ce même groupe d'élèves passera de 220 à 305.

Commission scolaire Marie-Victorin

Entre ces deux pôles en croissance, la Commission scolaire Marie-Victorin vit pour sa part le phénomène inverse. Elle a fermé trois écoles et un pavillon en 2009 et vit toujours une décroissance sur l'ensemble de son territoire.

Les secteurs de Brossard et Saint-Lambert font figure d'exceptions puisqu'on y assiste à un renouvellement de la population depuis quelques années.

Dès septembre 2012, les commissaires ont d'ailleurs prévu qu'il faudra rouvrir le pavillon de Saint-Hubert pour y accueillir des élèves de maternelle en provenance de Brossard.

«Nous ne pouvons pas demander d'agrandissement ou de nouvelles écoles parce que nous sommes encore en décroissance», explique Pierre Vocinot, directeur de l'organisation scolaire et du transport à la commission scolaire Marie-Victorin.

Forte croissance ailleurs en Montérégie

À l'extrémité de la Montérégie, la construction de la nouvelle A30 et l'immigration amène beaucoup de nouvelles familles sur le territoire couvert par la Commission scolaire des Trois-Lacs.

«La population dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges a fait un bond de 30 000 personnes en 10 ans», indique Colette Frappier, conseillère en gestion, secrétariat général et communications à la Commission scolaire des Trois-Lacs.

Résultat, trois nouvelles écoles primaires totalisant 66 classes de plus ouvriront leurs portes d'ici 2013.

En attendant, une école de Vaudreuil-Dorion a dû aménager huit classes dans des unités préfabriquées. D'autres enfants sont aussi transférés d'école, faute de place.

Le secteur de Saint-Zotique se développe beaucoup. «Plusieurs élèves arrivent de la grande région de Montréal et nous avons aussi beaucoup d'immigrants», explique Mme Frappier.

Le paysage change. Les allophones sont beaucoup plus nombreux, au point qu'une école regroupe maintenant 51 nationalités. Une situation qui ne se serait jamais vue il y a quelques années à peine.

À l'autre extrémité de la Montérégie, la commission scolaire de Sorel-Tracy vit une tout autre situation. Les dernières années ont été marquées par une baisse de la clientèle au primaire et elle commence maintenant à se faire sentir au secondaire. Le territoire de 5000 élèves compte 6 petites écoles de moins de 100 élèves. Le défi est plutôt de garder les jeunes dans leur milieu et de ne pas les déplacer d'une municipalité à l'autre. «On maintient les écoles, car ce sont souvent le coeur du village», souligne Éric Choinière, responsable des communications à la commission scolaire.

Seule exception, la municipalité de Saint-Roch compte une école remplie à pleine capacité. Déjà, la bibliothèque devra être déménagée pour libérer des locaux. «Nous devons commencer à chercher des solutions», indique M. Choinière.

Même situation dans la Couronne Nord

Au nord, Laval comptera pour sa part deux nouvelles écoles pour répondre à l'affluence au cours des prochaines années.

Les nouveaux projets domiciliaires à Mascouche, La Plaine et Terrebonne attirent par ailleurs de nombreuses jeunes familles sur le territoire couvert par la Commission scolaire des Affluents.

«Au cours des quatre ou cinq prochaines années, on parle d'un besoin de 80 nouveaux locaux, seulement pour le primaire. C'est une augmentation d'environ 450 élèves», indique Éric Ladouceur, responsable des communications à la commission scolaire.

Quant à la région des Laurentides, trois écoles seront construites pour répondre à la demande croissante.