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Plaidoyer pour les classes spéciales

Depuis 2002, la proportion d'élèves en difficulté intégrés en classe ordinaire... (Photothèque La Presse)

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Photothèque La Presse

Depuis 2002, la proportion d'élèves en difficulté intégrés en classe ordinaire a augmenté de 5% alors qu'il a diminué de 3% dans les classes spécialisées. Si plusieurs parents craignent ces groupes particuliers et font tout pour que leur enfant soit intégré au parcours normal, des enseignants se portent aujourd'hui à la défense des classes spécialisées.

Grégoire Bergeron enseigne dans une classe d'adaptation scolaire à l'école secondaire Louis-Joseph-Papineau, à Montréal. Ses élèves, âgés de 15 ans, ont de sérieuses difficultés: «Ils n'ont pas passé leur sixième année en maths et en français», dit M. Bergeron.

Le programme d'alternance travail-étude que M. Bergeron offre à ses élèves leur permet souvent de retrouver goût à l'école. «On leur trouve des stages en entreprise, chez Canadian Tire ou Bureau en gros, par exemple. Ils deviennent commis. Ils voient enfin qu'ils peuvent apporter quelque chose à la société», dit M. Bergeron.

La plupart des élèves de M. Bergeron ont fait leur primaire à l'école ordinaire, où ils étaient bons derniers. Ils ont des troubles du comportement ou des difficultés graves d'apprentissage. «J'ai déjà eu un garçon de 14 ans analphabète, qui avait fait semblant de lire durant tout son primaire. Il sait maintenant lire et il est sur le marché du travail. C'est une de mes grandes réussites», relate M. Bergeron.

Il reconnaît qu'il est très difficile de convaincre les parents d'envoyer leur enfant en classe adaptée, mais l'élève en sort toujours gagnant, selon lui: «Les élèves savent qu'ils sont différents. Ils sont contents d'être avec nous, car tout le monde est pareil.»

Jennifer Gagnon enseigne à l'école Jean-Piaget, à Laval, qui ne reçoit que des enfants lourdement handicapés physiquement et intellectuellement. Selon elle, le principal avantage des groupes spécialisés est la concentration de l'expertise: «On connaît les problèmes des enfants et on est mieux outillé pour leur permettre de vivre des succès, aussi petits soient-ils», dit-elle.

Mireille Richard, qui enseigne à des enfants autistes atteints de déficience intellectuelle et de troubles du comportement à l'école L'Étincelle, partage cet avis. «On a une expertise et des petits groupes pour faire de l'enseignement individualisé, dit-elle. À l'école ordinaire, l'accompagnement est insuffisant.»

Les trois enseignants sont catégoriques: jamais ils n'enseigneraient à l'école ordinaire. «Il n'y a plus de groupes ordinaires. De plus, on n'a pas le ratio des classes spéciales. Je suis mieux où je suis, note M. Bergeron. Mes groupes sont homogènes et c'est plus efficace.»




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