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De plus en plus de classes multiniveaux

Les classes multiprogrammes sont créées quand le ratio... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse)

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Les classes multiprogrammes sont créées quand le ratio d'élèves n'est pas assez élevé pour chaque niveau. Le ministère de l'Éducation estime qu'il existe environ 3000 groupes de ce type au Québec.

Photo: Alain Roberge, archives La Presse

Au cours des quatre dernières années, le nombre de classes multiprogrammes (ou multiniveaux) a connu une hausse fulgurante dans les commissions scolaires de la grande région de Montréal. À certains endroits, l'augmentation atteint 136 %, révèlent des données compilées par La Presse.

«On ignore combien il y a de classes multiniveaux au Québec. Il n'y a pas de document officiel là-dessus. On sait seulement qu'il y en a de plus en plus. Les professeurs parlent de prolifération», dit le président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Pierre St-Germain.

«On estime qu'il y a environ 3000 groupes au Québec. Mais c'est une estimation», dit la porte-parole du ministère de l'Éducation, Stéphanie Tremblay.

À la commission scolaire des Patriotes, sur la Rive-Sud de Montréal, le nombre de classes multiprogrammes est passé de 11 à 26 en quatre ans. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) ne compile pas ces statistiques de la même façon. «On sait que l'an dernier, 62,5% de nos écoles avaient des classes multiniveaux», indique le porte-parole de la CSDM, Alain Perron.

Les classes multiprogrammes sont créées quand le ratio d'élèves n'est pas assez élevé pour chaque niveau. «On réunit les élèves en surplus pour former une classe mixte. On essaie que ce soit un dernier recours», dit la porte-parole de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Brigitte Léonard.

Dans les régions éloignées, plusieurs écoles créent des classes multiprogrammes. «C'est la seule façon pour elles de rester ouvertes. On reconnaît la pertinence de ces classes en région. Mais pas en ville», soutient le porte-parole de l'Alliance des professeurs de Montréal, Yves Parenteau.

Selon lui, si on note une explosion du nombre de classes multiprogrammes à Montréal, c'est principalement parce que la mesure est «économique». «Si on déménage des élèves dans une autre école, il faut payer le transport scolaire et engager un professeur de plus. C'est moins cher de former des classes multiniveaux, explique-t-il. Mais au bout du compte, qui paie le prix? Les enfants et les enseignants.»

Lourde planification

Enseignante à l'école L'Arpège de Sainte-Julie, Marie Larivière dirige pour la première fois cette année une classe regroupant des élèves de troisième et de quatrième année.

Si elle avoue avoir trouvé les premiers mois «épuisants», elle dit mieux s'en sortir aujourd'hui. «C'est très lourd sur le plan de la planification. Il faut tout prévoir en double. De septembre à décembre, j'étais complètement vidée», raconte Mme Larivière, qui compte 20 ans d'expérience.

«Pour les élèves, je pense que ces classes sont enrichissantes. Mais pour les enseignants, c'est très difficile. Ce serait mieux d'éviter d'en avoir», commente Mme Larivière, qui ne sait toujours pas si elle reprendra sa classe l'an prochain.

Parce qu'on réunit les élèves les plus autonomes dans les classes multiprogrammes, les autres groupes s'en trouvent pénalisés. «Les autres classes autour de moi ont des élèves moins autonomes. Leur gestion de classe est beaucoup plus difficile», reconnaît Mme Larivière.

Pour tenter de mieux saisir l'impact des classes multiprogrammes, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) a mené une enquête auprès de ses membres. «On remarque que la planification est systématiquement très ardue. Les enseignants de ces classes s'entendent aussi pour dire que les élèves du préscolaire et de première année ne devraient pas être mis dans des classes mixtes. C'est trop difficile», dit la présidente de la FSE, Manon Bernard.

«Les enseignants disent aussi qu'ils n'ont pas assez de temps pour les élèves en difficulté. Et ils ont l'impression de tout faire trop vite», ajoute la conseillère pédagogique à la FSE, Marie Rancourt.

Aide du gouvernement

Chaque année, le gouvernement alloue une certaine somme aux écoles pour faciliter la gestion des classes multiprogrammes. Le gouvernement a récemment accepté de verser 1,5 million aux écoles du Québec pour la prochaine année scolaire, a appris La Presse. «Cet argent paye le matériel et le temps de libération supplémentaire des enseignants», dit Mme Bernard.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, s'est engagée à réduire la taille des classes des écoles du Québec. Cette mesure aura-t-elle un impact sur le nombre de classes multiprogrammes? «Tout dépendra de la volonté du ministre», conclut M. St-Germain de la FAE.




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