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Lac-Mégantic: Tom Harding ne croyait pas que son train était à l'origine de l'explosion

Tom Harding... (PHOTO JÉRÉMIE STALL-PAQUET, ARCHIVES LA PRESSE)

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Tom Harding

PHOTO JÉRÉMIE STALL-PAQUET, ARCHIVES LA PRESSE

(Ottawa) Le mécanicien du train de la MMA qui a déraillé l'an dernier à Lac-Mégantic, Tom Harding, ne croyait pas que son convoi était à l'origine de la déflagration qui a ravagé le centre-ville de cette municipalité et causé la mort de 47 personnes.

C'est finalement un répartiteur de l'entreprise qui lui a confirmé la nouvelle quelque trois heures après le début de l'incendie dans la nuit du 6 juillet. La locomotive qu'il avait immobilisée à Nantes avait parcouru 11,6 kilomètres, sans qu'il ne le sache, et ses nombreux wagons transportant du pétrole avaient explosé au centre-ville de Lac-Mégantic, rapporte ce matin le quotidien The Globe and Mail, qui a obtenu la transcription de la conversation de M. Harding et du répartiteur, identifié comme RJ.

Après avoir été évacué de l'hôtel où il se trouvait, M. Harding a communiqué avec le répartiteur de la MMA pour lui raconter ce qui se passait. Il était alors 1h47 du matin.

«Écoutez, il y a une urgence. La municipalité de Lac-Mégantic est en feu. Tout brûle, de l'église jusqu'au Metro (épicerie), de la rivière jusqu'aux voies ferrées», a affirmé M. Harding, selon la transcription.

Il a aussi précisé qu'il s'était réveillé une vingtaine de minutes plus tôt en apprenant que son hôtel devait être évacué et il se disait secoué par l'ampleur du brasier.

Durant la conversation, le répartiteur lui a demandé si le train de la MMA était en cause. «Non», a répondu M. Harding, en précisant que des policiers lui avaient posé quelques questions parce qu'ils savaient qu'il travaillait pour une compagnie ferroviaire.

La transcription permet de constater que M. Harding était impatient de savoir si des matières dangereuses ou des wagons-citernes avaient pu alimenter l'incendie d'une ampleur indescriptible. Mais jamais l'idée que le train qu'il avait immobilisé à Nantes puisse être à l'origine de ce désastre lui n'avait effleuré l'esprit. C'est à 3h29 du matin que M. Harding apprend de la bouche du répartiteur que son convoi est en cause.

«Ok, mais il y a pire que cela mon ami», lui lance le répartiteur RJ.

«Pourquoi», demande Tom Harding.

«C'est ton train qui a dévalé»,  lui répond RJ.

«Non», lui dit Harding.

«Oui, monsieur», rétorque RJ.

«Non, RJ».

«Oui, monsieur».

«Holy fuck», réagit Harding.

M. Harding et deux de ses collègues, de même que la compagnie MMA, ont été accusés plus tôt cette année de négligence criminelle causant la mort à la suite de cette tragédie.

Mardi, le Bureau de la sécurité des transports (BST) a publié son rapport final sur cette tragédie. Le BST a conclu que la «faible culture de sécurité» de la compagnie Montreal Maine & Atlantic Railway  et le nombre insuffisant d'inspections menées par Transports Canada figurent parmi les facteurs qui ont contribué au plus grand désastre ferroviaire de l'histoire du pays. La cause directe de l'accident est que les sept freins à main appliqués par le mécanicien de la locomotive avant de laisser le train sans surveillance pour la nuit ont été insuffisants pour l'empêcher de dévaler la pente menant au centre-ville de Lac-Mégantic.

Le BST souligne dans son rapport que lorsque M. Harding a testé la solidité des freins, les freins à air de la locomotive étaient également activés, ce qui lui a donné la fausse impression que le train était suffisamment immobilisé. Or, un incendie qui s'est déclaré peu après son départ a forcé les pompiers à arrêter le moteur, ce qui a amené l'air à s'échapper des freins indépendants, qui sont devenus inefficaces.




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