Lac-Mégantic, un an plus tard: la mairesse aussi a perdu des proches

La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy Laroche, a perdu... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy Laroche, a perdu deux cousins dans la tragédie de Lac-Mégantic, et est passée près d'y perdre son fils.

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

Andy Blatchford
La Presse Canadienne
LAC-MÉGANTIC

La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy Laroche, a fait preuve d'une détermination remarquable en prenant sa ville en charge après le déraillement qui a tué 47 personnes, il y aura un an dimanche prochain. Mais peu de gens savaient alors qu'elle vivait elle-même le deuil de deux proches.

Mme Roy Laroche, une figure désormais bien connue des Québécois pour l'assurance avec laquelle elle a su affronter la tragédie du 6 juillet 2013, a rarement parlé publiquement de l'impact de cet événement sur sa vie personnelle. Elle a pourtant perdu deux cousins dans le gigantesque incendie provoqué par l'explosion d'un train pétrolier au centre-ville, et est passée près d'y perdre son fils.

Ses cousins, Jean-Pierre Roy, 56 ans, et Éliane Parenteau, 93 ans, ont constamment occupé ses pensées au cours de la dernière année, bien que ses longues journées en tant que mairesse l'ont accaparée entièrement.

«Seulement le fait de passer devant ce sinistre chaque jour, plusieurs fois par jour, ça nous le rappelle, a-t-elle confié récemment à La Presse Canadienne. Mais malgré ça, faut continuer à avancer. Si on laissait nos émotions prendre le dessus, je pense que je resterais à la maison.»

Au début de l'été dernier, lorsqu'un convoi de pétrole brut sans conducteur a déraillé et explosé dans le centre-ville de Lac-Mégantic, la fin du mandat de Colette Roy Laroche à la mairie approchait, et elle ne prévoyait pas se représenter aux élections de novembre. Mairesse depuis 2002, elle a cependant vu le gouvernement Marois prolonger son mandat de deux ans après la tragédie.

Vivre son deuil personnel est donc devenu une tâche de plus à sa charge, alors qu'elle tentait - et tente toujours - d'aider la communauté de 6000 habitants à se reconstruire.

Cette difficulté est apparue dès l'explosion, alors que les flammes dévoraient le centre-ville de Lac-Mégantic. Durant des heures, elle craignait que son fils, Frédéric Laroche, fasse partie des victimes. Elle est montée dans sa voiture après la première explosion et a conduit aussi près de l'incendie qu'elle a pu.

«Je me suis dit: 'J'espère que Frédéric n'est pas là'», raconte Mme Roy Laroche, qui a appris le lendemain que son fils était bien en sécurité à la maison.

Elle doit la vie de son fils au fait qu'elle n'était pas disponible pour garder, ce soir-là, a-t-elle dit durant l'entrevue accordée au complexe sportif, où des concerts auront lieu ce week-end pour souligner le premier anniversaire de la tragédie. Sans cela, il se serait probablement trouvé - «parce que c'était la place» - au bar Musi-Café, où plus de 20 personnes ont péri.

«Grand-maman avait de la visite, alors grand-maman ne pouvait pas garder, raconte-t-elle. C'est ce qui fait qu'il est resté à la maison. Mais mon histoire, c'est une histoire parmi plusieurs autres qui ressemblent à celle-là. Pourquoi n'était-il pas là (au Musi-Café)? Pourquoi ceux qui étaient là ont-ils été là? Ce sont des questions qu'on peut se poser, mais auxquelles on n'aura jamais de réponses.»

Ce soir-là, le samedi 6 juillet 2013, elle a aussi pensé à sa cousine, Éliane Parenteau, qui vivait au centre-ville, mais à mobilité réduite. Première victime à être identifiée par les autorités, elle avait exprimé le désir de mourir à la maison...

«Finalement, c'est une mort tragique, mais en même temps, ça correspond à ce qu'elle voulait comme fin de vie», affirme aujourd'hui la mairesse, ajoutant du même souffle qu'elle croise souvent des gens qui lui rappellent ses cousins victimes.

On a eu beau la surnommer la «dame de granit», Mme Roy Laroche cède parfois à l'émotion, ce qui arrive sans crier gare la plupart du temps. «Je pense que je contrôle assez bien mes émotions, mais en même temps, je n'ai pas le contrôle du moment où ça déborde», affirme-t-elle.

Parfois, elle pleure parce que quelque chose lui rappelle le drame. Parfois, aussi, un seul mot suffit.

«On est toujours devant cette réalité des pertes des familles, soit parce que j'en côtoie souvent dans une semaine, soit parce qu'il y a un dossier qui nous le rappelle. C'est un petit milieu ici, alors on ne peut pas oublier.»




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