La purge se poursuit à la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA). L'entreprise a montré la porte à une quinzaine d'autres travailleurs, a confirmé mercredi le syndicat des Métallos.

Mis à jour le 21 août 2013
Mélanie Marquis LA PRESSE CANADIENNE

Au terme de l'exercice, il ne devrait plus rester qu'une vingtaine des 75 employés syndiqués de la MMA au Québec, a déclaré l'entreprise ferroviaire au syndicat.

Celui-ci a une fois de plus dénoncé la façon «cavalière» dont ses membres sont mis au courant du sort qui leur est réservé.

«Ils continuent à faire les mises à pied de la même façon: les gens qui ont été appelés hier (mardi) ne sont pas rentrés aujourd'hui, tout simplement», a laissé tomber Pierre Arseneau, conseiller syndical des Métallos.

«Il n'y a aucun préavis. C'est toujours la même routine», a-t-il ajouté en entrevue avec La Presse Canadienne, précisant au passage que les employés mis à pied ne touchent aucune prime de licenciement.

Les Métallos continuent à surveiller étroitement l'évolution de la situation de la compagnie, qui a été autorisée à se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers le 8 août.

L'un des acheteurs qui pourraient être tentés de mettre la main sur l'entreprise en difficulté est le conglomérat J.D. Irving.

Et si M. Arseneau espère que la MMA sera bientôt rachetée, il admet malgré tout entretenir certaines «craintes» quant aux intentions d'Irving en raison de son parti pris pour le transport du pétrole par oléoduc.

«Ce qu'on veut éviter, c'est qu'ils l'achètent (la MMA) pour la fermer et favoriser le pipeline. Ça, ça causerait un problème à l'économie régionale, parce qu'il n'y a pas seulement du pétrole qui est transporté sur ces voies ferrées-là», a-t-il fait valoir.

Le conseiller syndical a d'ailleurs tenu à rappeler que ce sont les emplois de l'ensemble de la région sillonnée par le chemin de fer - et non seulement ceux d'une seule entreprise- qui sont en péril.

«Il y a un impact sur la Montérégie et sur l'Estrie. Il y a un paquet d'entreprises qui sont dépendantes du chemin de fer, alors au-delà de la soixantaine de personnes qui vont perdre leur job chez nous, ça risque d'être une centaine d'emplois qui seront perdus», a-t-il lâché.

L'Office des transports du Canada (OTC) doit annoncer au cours des prochains jours si l'entreprise américaine peut poursuivre ses activités en sol canadien.

Mardi dernier, l'organisme indépendant avait suspendu temporairement les certificats d'aptitude de la MMA et de sa filiale, la Montreal, Maine and Atlantic Canada (MMAC), avant de leur consentir, vendredi soir, un sursis de quelques jours.

La MMA et la MMAC ont jusqu'à vendredi, 17 heures, pour fournir la preuve qu'elles répondent aux exigences fédérales au chapitre de la couverture d'assurance. L'OTC a indiqué mercredi après-midi qu'elles ne s'étaient pas encore manifestées.

Le déraillement et l'explosion d'un convoi pétrolier de la MMA à Lac-Mégantic le 6 juillet dernier a coûté la vie à 47 personnes en plus de détruire une importante partie du centre-ville de la petite municipalité de 6000 habitants.