Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a déclaré mardi à la conférence internationale de Kaboul que le Canada appuierait la réconciliation avec les talibans pour ramener la paix en Afghanistan, mais seulement si un certain nombre de critères sont d'abord réunis.

LA PRESSE CANADIENNE

M. Cannon, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et d'autres hauts responsables de près de 70 pays étaient réunis mardi dans la capitale afghane pour la conférence d'une journée considérée comme une affirmation du soutien international au gouvernement d'Hamid Karzaï.

M. Karzaï a tendu la main aux talibans dans l'espoir de mettre fin à la guerre. Il a obtenu l'appui d'une conférence nationale afghane tenue il y a un mois pour son projet d'offrir des compensations aux insurgés afin qu'ils déposent les armes et pour entamer des pourparlers avec les chefs talibans.

Les talibans ont publiquement rejeté l'offre. Les États-Unis sont sceptiques quant aux chances de rétablir la paix tant que les talibans n'auront pas été affaiblis sur le champ de bataille.

Lors d'un discours prononcé à la conférence, le ministre Cannon a affirmé que le Canada encourageait un processus de réconciliation qui inclurait tous les Afghans, quelle que soit leur ethnie ou leur tribu. Il a ajouté que les insurgés talibans devaient renoncer à la violence, accepter la constitution afghane et couper tous les liens avec les groupes terroristes comme Al-Qaïda.

M. Cannon a ajouté que le Canada soutenait un tel processus parce qu'aucun conflit dans le monde n'a pu être résolu sans réconciliation et sans réintégration.

Le ministre Cannon a également appelé à une réforme électorale, à une révision du programme national sur la justice en Afghanistan et à une mise à jour du plan d'action de 2006 sur la paix, la réconciliation et la justice.

Le président Hamid Karzaï presse ses partenaires internationaux d'aider son pays à assumer lui-même la responsabilité de sa sécurité et de ses programmes gouvernementaux, affirmant que l'Afghanistan et les puissances occidentales qui le soutiennent partagent un «cruel ennemi commun».

Mais, a-t-il dit, la victoire viendra en donnant le plus de responsabilités possible aux Afghans dans leur combat contre l'insurrection à l'intérieur des frontières du pays.

L'objectif est de transférer la sécurité dans les 34 provinces au gouvernement afghan d'ici la fin de 2014 - plus de trois ans après le retrait prévu des troupes canadiennes et américaines du pays.

«C'est réaliste. Quand le président Karzaï a été assermenté l'an dernier, il a déclaré que son mandat en était un de transition et qu'il y avait différents objectifs à atteindre», a dit Lawrence Cannon à des journalistes lors d'une conférence téléphonique après son allocution.

«Ces objectifs sont en bonne voie d'être atteints. J'ai confiance que le président Karzaï, son gouvernement et les forces de l'OTAN seront capables de les atteindre à mesure qu'ils se présenteront», a ajouté le ministre.

Hillary Clinton a affirmé que les États-Unis et le monde resteraient aux côtés de l'Afghanistan, alors qu'augmentent les craintes sur le déroulement de la guerre qui dure depuis maintenant près de neuf ans. Elle a reconnu l'opposition croissante à l'engagement international dans le conflit, le bilan humain de la guerre étant de plus en plus lourd pour les troupes étrangères présentes dans le pays. Mais elle a affirmé que l'Occident restait engagé dans la lutte contre l'extrémisme.

«Nous répondrons à ces questions par nos actions», a dit la secrétaire d'État américaine.

La capitale afghane était virtuellement verrouillée mardi. Les forces de sécurité afghane ont tué plusieurs insurgés et en ont arrêté deux lors de la traque d'un taliban qui aurait été sur le point de commettre un attentat contre la conférence internationale.

Le ministre Lawrence Cannon a par ailleurs assuré qu'il n'avait reçu aucune pression des pays alliés afin que le Canada prolonge sa mission en Afghanistan au-delà de 2011.

«Tout le monde reconnaît que le Canada a pris la décision de retirer ses forces en 2011 et tous reconnaissent qu'après 2011, le Canada poursuivra ses relations diplomatiques et ses programmes de développement», a déclaré M. Cannon. Selon lui, aucun pays n'a forcé le Canada à reculer à ce sujet.