Les militaires canadiens disposent maintenant d'un nouvel outil pour parer à la menace la plus mortelle en Afghanistan: les bombes artisanales posées sur les routes par les insurgés.

Patrice Bergeron

Un nouveau laboratoire médico-légal a été inauguré à l'aérodrome de Kandahar, durant le week-end, par le ministre de la Défense, Peter MacKay, qui a effectué une visite d'environ 48 heures à cette base de l'OTAN, au sud du pays, où est stationné le contingent canadien.Les Forces canadiennes disposaient déjà d'effectifs qui enquêtaient sur les bombes artisanales, mais elles devaient souvent s'en remettre à l'assistance des Américains ou à des services localisés au Canada, selon les renseignements obtenus auprès d'un porte-parole militaire.

Au cours d'une brève conférence de presse, le ministre MacKay a qualifié les nouvelles installations de «CSI Kandahar» ou de «CSI Canada», du nom de cette télésérie américaine mettant en vedette des équipes d'enquêteurs spécialisés qui élucident des crimes grâce à la science et à la technologie.

Le Centre d'exploitation multidisciplinaire, qui regroupera des spécialistes de divers secteurs, effectuera «un travail critique qui permettra de sauver des vies», selon le ministre.

Des professionnels examineront, à l'aide d'équipement «à la fine pointe de la technologie», les dispositifs explosifs recueillis avant ou après des incidents, afin d'en déterminer l'origine et les caractéristiques, aux fins du renseignement militaire.

Il a été impossible de visiter le laboratoire ou d'en savoir davantage sur son travail, en raison du secret militaire qui entoure ses activités.

Au dire de M. MacKay, ce laboratoire «renforcera énormément les moyens» des militaires canadiens et constituera un complément à leur travail actuel.

De même, les indices et éléments de preuve recueillis pourront servir aux procureurs afghans afin de poursuivre les présumés concepteurs de bombes et leurs complices.

Les bombes artisanales et autres engins explosifs improvisés sont responsables de la grande majorité des pertes canadiennes en Afghanistan depuis 2002, qui s'élèvent désormais à 118.

Enfin, le ministre a aussi annoncé, au cours du week-end, l'ajout de onze centres d'aide aux militaires blessés ou malades, en plus des huit autres qui avaient été mis sur pied en mars à travers le Canada.

Les huit Centres intégrés de soutien au personnel ouverts précédemment «n'étaient pas suffisants pour répondre à la demande» dans un grand pays comme le Canada, selon le ministre.

Au Québec, outre le centre de la base de Valcartier, un autre centre sera donc ouvert, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Au Nouveau-Brunswick, en plus de celui de la base de Gagetown, Moncton aura aussi le sien. En Ontario, pas moins de quatre nouveaux centres s'ajouteront à celui de Toronto et de Petawawa: London, Meaford, Kingston et Ottawa.