Selon l'Ordre des ingénieurs du Québec, le gouvernement manque de personnel pour contrôler ses chantiers. «Le gouvernement sous-traite beaucoup de travail à l'externe. Mais il semble ne plus posséder les ressources suffisantes et compétentes qui sont nécessaires pour faire le suivi des projets sous-traités», déplore la présidente de l'Ordre, Maud Cohen.

Mis à jour le 15 sept. 2011
Paul Journet LA PRESSE

«Quand on est gestionnaire d'infrastructures, on a des responsabilités», ajoute-t-elle. Mais à cause de la «désaffectation des ressources», le gouvernement peinerait à contrôler la facturation de différents extras. De telles pratiques sont documentées dans le rapport secret de l'Unité anticorruption.

Mme Cohen demande qu'il soit rendu public. «Le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'agir avec transparence», lance-t-elle.

L'Ordre compte 60 000 membres. Une ligne téléphonique «éthique» a déjà été mise en place pour les dénonciations anonymes. Il peut déclencher une enquête si une plainte est portée sur un ingénieur. «Mais on ne peut pas aller à la pêche», dit Mme Cohen.

Ces enquêtes ne mènent qu'à des sanctions professionnelles. Elles n'ont pas de portée civile ou pénale.

Le travail de l'Ordre et des policiers «ne suffissent pas pour mettre en lumière ce système et apporter des solutions», croit Mme Cohen. Elle demande une enquête publique depuis plus d'une année. Et cette enquête est plus nécessaire que jamais, croit-elle.

Charest nuit à l'image des ingénieurs

Selon Yves Lavoie, président du Réseau des ingénieurs du Québec, le gouvernement Charest nuit à l'image des ingénieurs en refusant de déclencher une enquête publique. «C'est ce que nos membres pensent», lance-t-il.

Selon lui, en refusant de faire toute la lumière, le gouvernement laisse planer des doutes sur l'ensemble des ingénieurs. Il rappelle qu'en 2007, 83% des Québécois disaient faire confiance aux ingénieurs. Selon un tout récent sondage, ce taux avait chuté à 65%. «Il y a une corrélation directe avec le contexte politique», soutient-il.

M. Lavoie insiste. «Il faut une enquête publique. Il faut que les Québécois concentrent leurs forces pour dire au gouvernement : ça va faire!»