Alors que les cours doivent reprendre aujourd'hui, 100 professeurs de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) demandent à l'établissement de ne pas appliquer la loi spéciale du gouvernement Charest.

Mis à jour le 27 août 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

La «loi 78» ne fera que mettre de l'huile sur le feu, plaident les professeurs dans leur pétition - d'autant plus que deux associations étudiantes facultaires sont encore en grève.

«Nous exigeons que [la direction] ne participe ni directement ni indirectement à la répression du mouvement étudiant et qu'elle refuse catégoriquement d'instaurer en ses murs un régime de surveillance et de délation», écrivent les professeurs.

Jeudi, leur syndicat a voté pour des grèves ciblées si certaines salles de cours étaient bloquées et que l'université demandait à des professeurs d'enseigner quand même. Il reviendra aux dirigeants de l'organisation de désigner les professeurs qui doivent débrayer.

Jean-Marie Lafortune, président du Syndicat des professeurs et professeures de l'UQAM (SPUQ), reconnaît qu'un tel «arrêt de prestation d'enseignement» constituerait une grève illégale.

«À un moment donné, il faut avoir le courage de ses convictions», a-t-il expliqué à La Presse. M. Lafortune ne croit pas, de toute façon, que la loi résistera au test des tribunaux. «Cette loi va sans doute être abrogée», a-t-il affirmé.

En vertu de la loi spéciale, une grève illégale peut entraîner des amendes de 250 000$ par jour à partir du deuxième jour de débrayage.