Les étudiants en service social de l'Université de Montréal (UdeM) étaient les premiers, lundi soir, à se prononcer sur la reconduction de la grève. Au lieu de rentrer en classe le 27 août prochain, le membres de l'association étudiante (AÉSSUM) ont décidé de poursuivre leur grève.

Mis à jour le 7 août 2012
Émilie Bilodeau et Gabrielle Duchaine LA PRESSE

Après deux heures et demi d'assemblée, 33 étudiants ont voté pour la reconduction, 26 ont voté contre et 2 se sont abstenus. Le taux de participation a ainsi atteint 9,6%.



Pour Blandine Parchemal, représentante du comité média de la Table de grève de l'UdeM, ce premier vote est de bon augure pour le mouvement étudiant. «Ils ont la réputation d'être plus modérés. À l'UdeM, les votes ne passent pas tous avec de fortes majorités», a-t-elle souligné.

Comme dans les votes précédents, les stages ne sont toujours pas perturbés par la grève. L'Association étudiante, qui compte 638 membres, se prononcera à nouveau sur la poursuite de la grève le 7 septembre prochain.

Des assemblées générales sont prévues tout au long de la semaine. Mardi, les 3600 élèves du Cégep Marie-Victorin et les 4623 étudiants de la faculté de ces humaines de l'UQAM se prononceront à leur tour.

Profs contre la hausse

Par ailleurs, des professeurs de plusieurs établissements scolaires ont promis de respecter le vote de grève des étudiants et préviennent qu'ils seront des milliers à refuser de forcer un retour sur les bancs d'école. Quelque 200 professeurs et enseignants de cégeps et d'universités réunis lundi matin à l'UQAM ont présenté un manifeste signé par 2000 professionnels de l'enseignement d'un peu partout dans le monde. Ils y dénoncent le projet de loi 78 (aujourd'hui loi 12), qu'ils qualifient de «féroce» et de «liberticide». Les signataires refusent d'être contraints à appliquer une loi qu'ils désapprouvent. «Nous ne nous concevons pas comme de simples agents de reproduction de l'ordre social, et surtout pas comme des officiers de la répression avec laquelle le pouvoir d'État québécois a décidé d'attaquer la collectivité étudiante.»