Fidèles à une nouvelle tradition, des milliers de «carrés rouges» ont déambulé dans les rues de Montréal, dimanche après-midi. Lors de cette manifestation - la cinquième de suite organisée le 22e jour du mois -, la CLASSE voulait dénoncer la hausse des droits de scolarité et le «néolibéralisme».

Mis à jour le 23 juill. 2012
Émilie Bilodeau LA PRESSE

«Tout ça s'inscrit dans un contexte. Ce n'est pas seulement la hausse des droits de scolarité, mais c'est aussi la taxe santé, la hausse des tarifs d'électricité, donc c'est tout ça qu'on dénonce aujourd'hui», a déclaré Camille Robert, coporte-parole de la CLASSE.

Son collègue Gabriel Nadeau-Dubois s'est réjoui du nombre de participants à cette grande manifestation. La CLASSE estime que 80 000 protestataires ont pris part à l'événement. Des sources policières ont plutôt parlé de 10 000 personnes. «Ce qu'on veut avec la manifestation d'aujourd'hui, c'est montrer que le mouvement est encore là et que malgré les vacances, des milliers de personnes continuent à prendre la rue. Il ne faut pas penser que s'il y a moins de gens aujourd'hui, nous serons moins à l'automne», a-t-il affirmé, persuadé que le mouvement reprendra son élan dès la rentrée scolaire.

La manifestation s'est mise en branle vers 15h à la place Émilie-Gamelin. Une fois les manifestants parvenus à leur destination finale - le bureau du premier ministre Jean Charest, à l'angle des rues McGill et Sherbrooke -, M. Nadeau-Dubois a été accueilli comme une vedette de rock sur la plateforme d'un camion transformée en scène. «Nous sommes des centaines de milliers à rêver d'un Québec meilleur. Nous sommes des centaines de milliers déterminés à en finir avec Jean Charest, avec les libéraux, avec le néolibéralisme. Nous sommes des centaines de milliers à vouloir redonner le pays à son peuple», a-t-il déclaré, sous les applaudissements.

Rumeur d'élections

Les rumeurs d'élections ont inspiré plusieurs manifestants, qui avaient préparé de grandes affiches pour exprimer leur mécontentement envers Jean Charest et le Parti libéral du Québec. C'était notamment le cas de Sylvie Giguère. «Jean Charest a montré son incompétence en n'écoutant pas la population et le mouvement étudiant», a dit la militante pour la gratuité scolaire. «L'éducation, c'est le plus bel investissement qu'on peut faire pour notre peuple.»

Plusieurs familles ont participé à la manifestation nationale. Malgré l'ambiance festive, d'autres participants étaient préoccupés par la rentrée scolaire, qui s'annonce houleuse. «Ça va brasser, c'est sûr», ont dit Amélie Simoneau et Dominique Adam, deux élèves du cégep de Saint-Laurent, en grève depuis le début du mouvement. «Il y en a qui vont vouloir poursuivre la grève, d'autres qui vont vouloir retourner en classe, mais c'est l'assemblée générale qui va trancher.»

Des manifestations étaient également organisées à Québec et à Trois-Rivières, dimanche après-midi. Elles se sont déroulées dans le calme. À Montréal, le rassemblement a été déclaré illégal dès le début, car l'itinéraire de la marche n'avait pas été fourni aux autorités. Les policiers l'ont tolérée, puisqu'aucun méfait n'a été commis. Une seule personne a été arrêtée pour voie de fait simple.