Pour la 51e fois, les manifestants ont pris la rue. Ils étaient environ 300 fidèles à partir du parc Émilie-Gamelin et n'ont pas hésité à fendre la foule des Francofolies, par deux fois. Le tout s'est achevé dans des affrontements avec les policiers, vers 23h.

Hugo Meunier et Sylvain Sarrazin LA PRESSE

Sous les huées, un policier du SPVM a déclaré la manifestation illégale vers 21h et invité les gens à marcher pacifiquement.

C'est ce à quoi s'est appliqué le cortège, qui a quitté le parc pour se diriger vers la rue Berri.

Peu après le début de la marche, sur le boulevard René-Lévesque, des manifestants ont revêtu des burqas noires, avant de brandir des drapeaux des patriotes.

Le SPVM a lancé des appels au calme.

Après s'être déplacés sur le boulevard St-Laurent vers le nord, les manifestants ont finalement emprunté la rue Milton, qui traverse un quartier résidentiel. Avec leurs casseroles, plusieurs citoyens sont sortis sur leur balcon pour saluer les marcheurs.

Un peu plus tard, la foule s'est mélangée une première fois à celle des FrancoFolies, où Robert Charlebois donnait un concert en plein air. L'artiste avait même invité les spectateurs à apporter leurs casseroles pour l'occasion.

Le défilé a eu tendance à se disloquer en plusieurs groupes, mais la police incitait les participants à ne former qu'un seul et même contingent. Ce dernier s'est déplacé sur Ste-Catherine, au gré d'un itinéraire quasi improvisé, zigzaguant entre les voitures.

Après avoir emprunté de la Gauchetière, le cortège a fait une halte devant l'hôtel Hilton, hôte du Forum économique. Des slogans anticapitalistes ont fusé. Les saluts nazis adressés au «SSPVM» furent de retour, malgré les plaintes de groupes juifs, un peu plus tôt cette semaine.

À la tête de la manifestation, ce fut soudain la discorde entre les meneurs, en désaccord sur le chemin à prendre. Le groupe s'est divisé en deux, la majorité suivant Mansfield.

À ce stade, tout se déroulait dans le calme. Pour preuve, certains manifestants relevaient des cônes orange que certains de leurs acolytes avaient renversés, tandis que des visiteurs n'hésitaient pas à se prendre en photo devant la nouvelle attraction touristique de Montréal: la manif nocturne.

Plusieurs sit-in furent improvisés. Les slogans ont fusé à nouveau, mais cette fois, c'est Jacques Villeneuve qui était dans le collimateur des manifestants mécontents.

Le groupe de marcheurs est alors repassé à travers les Francofolies, invitant les spectateurs à les rejoindre. Avec peu de succès. Il s'est résigné à regagner le boulevard St-Laurent.

En queue de poisson

À l'intersection de Marie-Anne, quelques jeunes ont renversé des poubelles, mais encore une fois, des âmes charitables n'approuvant pas les gestes ont assuré le ménage par-derrière. Le défilé a ensuite investi la rue Mont-Royal, où un nouveau sit-in s'est organisé.

À 23h10, la police a lancé un avis de dispersion et a invité les manifestants à emprunter les trottoirs ou à regagner le métro.

Mais certains ne l'entendirent pas de cette oreille. Des affrontements entre un petit groupe de manifestants rebelles et les policiers ont éclaté, dans un généreux échange de poivre de cayenne et de doigts d'honneur.

La 51e manifestation nocturne s'est ainsi achevée dans la douleur. Le SPVM a signalé deux arrestations, dont une pour voie de fait et l'autre pour agression armée contre un policier.