Le conflit étudiant a miné la «cohésion sociale», croit Jean-Martin Aussant, chef d'Option nationale. Pour la rétablir, il propose de réformer les institutions.

Paul Journet LA PRESSE

Il a présenté jeudi un projet de loi qui compte cinq grandes propositions. Son ancien collègue péquiste, le député indépendant Pierre Curzi, appuie le texte.

Le financement des partis politiques deviendrait entièrement public. Il serait basé sur les votes obtenus aux élections. Tous les dons de particuliers seraient interdits. «Mais il y aurait des mesures pour aider les nouveaux partis», précise M. Aussant.

Le premier ministre ne déciderait plus de la date des élections. Elles se dérouleraient à date fixe, comme c'est désormais le cas au fédéral. Le Parti québécois, Québec solidaire et la Coalition avenir Québecproposent la même chose. Cela permettrait d'éviter la situation actuelle, où M. Charest prend selon lui la population pour de la «marchandise électorale».

Comme Québec solidaire, M. Aussant veut aussi changer le mode de scrutin pour y ajouter un élément de proportionnalité. Son projet de loi ne précise pas de quel type de proportionnelle il s'agirait. Le système actuel «force les Québécois à adhérer à un des gros partis» pour faire valoir leurs idées, regrette-t-il.

Option nationale voudrait pouvoir saisir les élus d'un mandat d'initiative populaire avec une pétition signée par 5% des électeurs inscrits.

Enfin, le lieutenant-gouverneur - qui est le représentant de la reine au Québec - serait remplacé par un «administrateur général».

Selon M. Aussant, le conflit étudiant s'est transformé en crise sociale. Une situation qu'il juge «inquiétante socialement» et «dangereuse». Son projet de loi propose un «contre-discours» et une réponse à «moyen terme» pour les citoyens qui sont présentement dans la rue car ils se sentent «impuissants dans notre système démocratique désuet».

Option nationale propose la gratuité scolaire.