Quelques dizaines de minutes seulement après l'adoption de la loi 78 par l'Assemblée nationale du Québec, des citoyens mécontents commencent déjà à en tester les limites... ainsi que la patience des policiers montréalais.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Les postes de quartier des forces de l'ordre de la métropole font face à une vague d'appels pour leur communiquer des avertissements plus farfelus les uns que les autres.

«On a reçu plusieurs appels pour des raisons non valides, a expliqué l'agent Raphaël Bergeron. Des gens qui nous appellent pour nous dire simplement "On a une réunion de famille demain et on s'en va de tel coin de rue à tel coin de rue, est-ce qu'il faut vous aviser?"».

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) ne peut évaluer le nombre exact d'appels reçu. Trente-trois postes de quartier sont dispersés dans la ville, a souligné l'agent Bergeron.

La loi 78 oblige les organisateurs de toute manifestation de plus de 50 personnes à communiquer son trajet et sa durée, entre autres, au moins huit heures à l'avance.

Le service de police affirme que ces appels farfelus peuvent nuire au bon fonctionnement de leurs services, puisque certaines lignes téléphoniques se retrouvent engorgées.

«Ce n'est pas nécessairement les lignes urgentes du 9-1-1, mais quand ils appellent directement dans les postes de quartier, il y a quand même des citoyens qui tentent de nous rejoindre», a ajouté Raphaël Bergeron.