La grève pèse lourd sur le moral de nombreux étudiants. Si lourd que plusieurs écoles prennent des mesures extraordinaires pour gérer les crises de larmes, l'anxiété et les moments de panique de leur jeune clientèle.

Gabrielle Duchaine LA PRESSE

«Beaucoup sont désespérés, dit Sébastien Fontaine, élève en sciences humaines au cégep Lionel-Groulx, qui souhaite retourner à l'école. Les gens ont des limites de tolérance différentes, mais ils sont vraiment tannés. Ça commence à prendre beaucoup de place dans nos vies.»

La direction de son établissement, où des scènes particulièrement violentes ont accompagné une tentative de reprendre les cours à la suite d'une injonction, avait mandaté des employés pour accompagner toute la journée les élèves qui rentraient en classe.

«Notre orthopédagogue a aussi discuté avec le groupe afin de s'assurer que les élèves n'avaient pas besoin de soutien psychosocial», dit le coordonnateur à la direction de la vie étudiante, Éric Boily.

«Dédramatiser la situation»

L'Université du Québec à Rimouski a pour sa part dû faire appel à des ressources externes dernièrement pour répondre aux demandes croissantes d'aide psychologique. Selon l'Ordre des psychologues du Québec, d'autres établissements ont pris des mesures semblables.

Au cégep de Terrebonne, où les élèves sont rentrés de leur plein gré lundi après un long feuilleton au sujet du mode de scrutin, une technicienne en travail social a assisté aux deux dernières assemblées générales pour «faire une lecture de l'état psychologique des élèves, faire un suivi avec eux et les diriger vers des psychologues au besoin», explique une porte-parole, Line Coulombe.

Elle a fait de 20 à 30 interventions sur place et dirigé une dizaine d'élèves vers des services externes. «Des gens ont l'impression d'être dans un gouffre, dit Mme Coulombe. Il a fallu les aider à gérer leurs émotions et à dédramatiser la situation.»

Afin d'éviter les tensions dans les couloirs et les salles de classe, la direction a retiré des babillards tout ce qui a trait à la grève. Elle a aussi rencontré des «rouges» et des «verts» parmi les élèves avant le grand retour et sensibilisé les enseignants à la réalité des deux groupes.

Même son de cloche au cégep Marie-Victorin, où des mesures d'accueil particulières ont été mises en place. «Les centres d'aide seront mis à contribution dans le processus dès le retour en classe; les enseignants seront très vigilants quant à des étudiants en difficulté», dit une porte-parole.