L'entourage des jeunes Maxence Valade et Alexandre Allard, tout deux grièvement blessés dans l'émeute de Victoriaville vendredi soir, est sous le choc.

Gabrielle Duchaine et Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

« Nous sommes tous dévastés », a confié à La Presse Florianne Philippe-Beauchamp, une amie de Maxence Valade et collègue à l'Association des étudiants du cégep Saint-Laurent, où la victime est porte-parole et membre du conseil exécutif. « C'est un coup dur pour nous tous », a ajoutée la jeune femme, ébranlée, lors d'un entretien téléphonique.

Maxence Valade, 20 ans, étudiant de deuxième année en sciences humaines repose à l'hôpital régional de Trois-Rivières. Il souffre d'un traumatisme crânien et a perdu l'usage d'un oeil. Sa famille et plusieurs amis sont à son chevet.

Le jeune homme est un skieur de haut niveau. Il participe aussi à des compétitions de patin à roulettes.

Militant, le jeune homme a participé à plusieurs manifestations depuis le début de la grève étudiante en février dernier. « Ça fait un moment qu'il est très engagé » note son amie. C'était donc tout naturel qu'il fasse le voyage, vendredi, jusque devant l'hôtel où se tient ce week-end le conseil général du parti libéral du Québec.

« C'est un très bon gars. Actif, mais pas violent », assure Anthony Kantara, élève au Collège Vanier, qui a participé à de nombreuses marches avec le blessé avant l'accident. Il assure que son ami n'a jamais fait preuve d'agressivité durant les rassemblements.

Dans le chaos, Maxence a malgré tout reçu un projectile au visage. Selon la directrice du Centre de santé et des services sociaux d'Arthabaska-et-de-l'Érable, il aurait été atteint par une boule de billard, un morceau d'asphalte ou une balle de caoutchouc (que les policiers ont utilisé pour disperser la foule).

Une vigile qui réunira professeurs, amis et camarades de classe est organisée ce soir à 20 h 30 en l'honneur de Maxence Valade devant le Cégep Saint-Laurent.

Un gars tranquille

L'autre blessé, Alexandre Allard, aussi âgé de 20 ans, est également décrit comme un jeune homme motivé et convaincu. Mais pas du tout violent, ont précisé deux camarades de classe à La Presse.

L'étudiant qui souffre d'un traumatisme crânien a commencé un baccalauréat en histoire à l'Université Laval de Québec à l'automne dernier. Il avait effectué ses études collégiales à Victoriaville, la où sa vie à pris un tournant inattendu hier.

« Alexandre c'est quelqu'un d'assez tranquille. C'est pas quelqu'un qui crie ou qui casse », a expliqué son ami Étienne Garant. Il a fait valoir qu'il est tout à fait impossible que son collègue ait été impliqué dans des actes violents contre les forces de l'ordre.

Depuis le début du mouvement de grève, Alexandre Allard était de la plupart des manifestations dans la Vieille-Capitale, a expliqué son camarade. « C'est une cause qu'il avait à coeur », a-t-il fait valoir.

Une autre collègue de classe a relaté sensiblement la même histoire à La Presse, refusant toutefois d'être identifiée. « C'est un gars super-motivé, super-mobilisé. La question de la hausse des frais, ça l'a toujours concerné. Il s'exprimait beaucoup dans les assemblées générales, a-t-elle affirmé. On peut dire qu'il faisait partie de la base militante de Québec. »