Louis-Olivier Desmarais, de toutes les manifs...

Louis-Olivier Desmarais... (Photo Édouard Plante-Édouard, La Presse)

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Louis-Olivier Desmarais

Photo Édouard Plante-Édouard, La Presse

«Une marche... chaque soir... jusqu'à la victoire!» Louis-Olivier Desmarais, 22 ans, hurle à pleins poumons. Il a la voix fatiguée et les jambes lourdes, mais il marche, pour le neuvième soir de suite, contre la hausse des droits de scolarité.

«C'est pressant de se faire entendre», dit celui qui étudie en musique au cégep Marie-Victorin, un carré rouge à la boutonnière. «Les marches nocturnes sont comme un cri du coeur. Une occasion de lancer chaque jour le même message.»

Louis-Olivier est assidu. Le 24 avril dernier, il a respecté la trêve exigée par Québec et n'a pas participé à la première des 10 marches nocturnes consécutives. Mais dès le lendemain, jour qui a marqué l'exclusion de la CLASSE de la table de négociations, il était dans la rue avec des milliers d'autres. Il était là, rue Sainte-Catherine, lorsque la manifestation a été déclarée illégale après que les vitres de la librairie Chapters eurent volé en éclats et que la façade de la boutique Apple eut été barbouillée de peinture. Il était là le lendemain aussi, lorsque les protestataires ont marché dans le calme sur près de 20 km. Depuis, il n'en a pas manqué une.

«Il m'est arrivé de me joindre au groupe en retard parce que je travaillais, dit-il. Mais pour moi, c'est important d'y être. Je vois ça comme un devoir.»

Hier, il participait à la manif numéro 10, tout aussi populaire que les précédentes. Encore une fois, ils étaient plusieurs milliers au point de rencontre, place Émilie-Gamelin, vers 20h30. Certains étaient déguisés en zombies, d'autres, presque nus, revenaient d'une autre marche tenue plus tôt sur le thème «Charest!!! On se met à nu».

Le mouvement, à l'image de Louis-Olivier, ne semble pas s'essouffler. «C'est parce qu'on y croit vraiment», dit le jeune homme. Il aura bien marché plus d'une centaine de kilomètres en neuf jours. «C'est exigeant, mais ça vaut la peine. Je pense que c'est la première fois que les gens de ma génération goûtent au pouvoir du collectif et apprennent à serrer les coudes.»

Il n'est pas seul à faire preuve d'une telle constance. Marco, étudiant à l'Université de Montréal, participait hier à sa septième marche. «Ce n'est plus juste un mouvement étudiant. C'est un mouvement de société. Les gens continuent de manifester parce qu'il y a une insatisfaction générale par rapport à la gestion de notre État», a-t-il dit entre deux slogans dans la maintenant traditionnelle manifestation de soirée au centre-ville. «Je ne regarde même plus les invitations. Je viens ici à 20h30 tous les soirs», a-t-il ajouté.

Sa consoeur Alexandra Mauger a participé à plus de 50 manifestations depuis le début de la grève, il y a 12 semaines. «On constate qu'il y a de nouveaux visages, comme une nouvelle vague de mobilisation, et ça, c'est réjouissant, note l'étudiante à l'UQAM. Je crois que ce deuxième souffle fait suite aux discussions qui ont échoué.»

Après avoir rendu visite au premier ministre, mercredi soir, les manifestants ont fait hier un saut dans Outremont devant la maison du maire de Montréal, Gérald Tremblay. Sous les cris de joie, la foule a fait éclater des pétards. Plusieurs policiers ont été appelés en renfort pour protéger la résidence. La manifestation a alors été déclarée illégale.




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