Les organisateurs de la 7e manifestation nocturne d'affilée avaient invité les participants à se déguiser en noir et à porter un masque ou du maquillage. Des milliers de personnes ont répondu à l'appel, mais plusieurs ont toutefois décidé de ne pas se cacher le visage en marchant dans les rues du centre-ville.

Émilie Bilodeau et Gabrielle Duchaine LA PRESSE

«Je sais que c'est un pari d'organiser un événement masqué. Je suis un peu inquiet, mais je crois tout de même que les choses vont bien se passer», a dit Francis Arrelle, un des deux organisateurs de l'événement appelé «gros carnaval sombre».

Les deux initiateurs du rassemblement, qui ne sont pas étudiants, croient que la mobilisation représente «un mouvement social et dépasse la cause des étudiants».

Maxime Benoît-Gagné, étudiant en sciences humaines au Collège Édouard-Montpetit, a revêtu un déguisement de vampire. Il a toutefois refusé de se cacher le visage. «Le costume, je trouvais ça amusant, mais il était hors de question que je porte un masque. Je ne vois pas pourquoi j'aurais besoin de le faire. Certaines personnes croient que les policiers vont nous cibler, mais moi je n'y crois pas», a-t-il expliqué.

Depuis quelques soirs, une dizaine de policiers suivent le devant des rassemblements, où ont tendance à se tenir les casseurs, en marchant sur le trottoir. Lundi, les policiers ont été davantage bousculés et insultés. Un manifestant a également lancé un sac rempli de peinture en leur direction.

Une marche silencieuse

En plus de ce «gros carnaval sombre», un autre événement, une «marche lumino-silencieuse», a débuté à la place Émilie-Gamelin, à 20h30. Après avoir vu leurs compatriotes partir pour la marche sur Berri, vers le sud, les protestataires, une chandelle à la main, ont formé un énorme carré autour d'un espace gazonné. Ils ont ensuite pris la route pour une marche silencieuse.

À l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis, ils se sont assis par terre et ont pointé leurs bougies vers le ciel. Plusieurs piétons qui passaient par là se sont arrêtés pour regarder la scène, qui sortait de l'ordinaire. «C'est spectaculaire et c'est pour une bonne cause», a dit Francis Lebrun, un travailleur qui appuie la cause des étudiants.

Vers 22h, les deux groupes de manifestants se sont finalement rejoints à l'intersection des rues Saint-Hubert et Ontario. À ce moment, les policiers ont semblé aux aguets, puisque plusieurs manifestants se sont mis à courir vers un groupe ou l'autre.

Au moment de mettre sous presse, les manifestants poursuivaient leur marche et aucun méfait n'était à signaler.

Inquiétudes

En après-midi, la Ville et les commerçants ne cachaient pas leur inquiétude de voir des manifestants masqués défiler dans les rues de la métropole.

Darren Becker, attaché de presse du maire Gérald Tremblay, promettait de suivre le déroulement de la manifestation. «Le maire a toujours dit que les gens ont le droit de manifester pacifiquement, mais s'ils n'ont rien à cacher, pourquoi ont-ils besoin de se masquer?», se demandait-il.

André Poulin, le directeur général de l'organisme Destination Centre-Ville, un regroupement de commerçants, se réjouissait que le vandalisme ait diminué au cours des dernières manifestations. Il était aussi surpris que les organisateurs de l'événement encouragent le port du masque. «Ce n'est pas une bonne nouvelle. On s'est aperçu que les manifestants masqués ont plus tendance à commettre des actes de vandalisme, a-t-il affirmé.

Le fil des événements

00h25 : Le SPVM donne un ordre de dispersion. Certains quittent, d'autres restent sur place.



00h22 : «Les policiers devront intervenir» prévient un agent au micro. Personne ne bouge.



00h16 : L'antiémeute est en position. "On avance" scandent les manifestants.

00h10 : La manifestation descend maintenant St Laurent. Pas de signe de fatigue malgré une bonne vingtaine de km de marchés.



23h58 : de retour sur St Denis à contre sens, assez peu se sont laissés tenter par le métro Berri

23h51 : arrivée au parc Emilie Gamelin. Point de départ

23h47 : Ils sont encore plusieurs milliers, toujours sur Ste Catherine vers Berri.

23h33 : Des manifestants replacent tous les cônes renversés

23h31 : «Les gens qui prendront la direction du pont ou déplaceront des panneaux seront arrêtés» dit la police.

23h30: On fait tomber des cônes à l'approche du pont Jacques-Cartier. La SQ est prête mais les manifestants n'y vont pas.

23h16: Le SPVM confirme qu'il n'y a eu aucune arrestation jusqu'à maintenant.

23h07: Les policiers viennent d'utiliser du poivre de cayenne. Le manifestant touché reste au sol aidé par d'autres.

23h03: «Pas de police dans nos manifs», scande la foule.

22h48: La #manifencours n'obtempère pas aux demandes policières et continue sur St-Laurent.

22h47: «La #manifencours est menée pas des gens qui ne respectent pas la signalisation. Nous vous demandons de prendre rue des Pins», demande police.

22h39: Les manifestants lancent des cônes oranges dans la foule.

22h36: Les policiers qui longeaient #la manifencours ne sont plus là. Ils se faisaient clairement provoquer.

22h29: Mont-Royal vers l'ouest. Un bus est coincé avec des passagers. Des manifestants frappent dans les vitres.

22h09: La #manifencours est de retour sur St Denis.

22h02: «Bouge», scande la foule. Les policiers se remettent en marche. On leur lance un sac à ordures.

22h Bousculade avec les policiers alors que les deux manifestations se rejoignent. Signes de paix. «On reste pacifique».

21h52: Des dizaines de voitures coincées alors que la #manifencours grimpe St-Denis.

21h50: Des pétards explosent. Plusieurs jeunes manifestantes se sauvent en courant vers le métro.

21h47: Renforts. Une vingtaine de nouveaux policiers se joignent à la foule. Huées.

21h41: Une vingtaine de policiers casqués longent la #manifencours.

21h41: La marche reprend et elle n'est plus silencieuse du tout.

21h37: «C'est spectaculaire et c'est pour une bonne cause», dit un passant.

21h32: «Fuck the police», scandent les manifestants.

21h22: Plusieurs milliers de manifestants marchent calmement sur René-Lévesque. Les policiers se tiennent loin.

21h21: Un passant les applaudit. "Shuuuut", répondent quelques-uns.

21h17: La marche aux chandelles se met en branle sur de Maisonneuve vers l'ouest.

21h 17: «Je ne suis pas étudiante. Je suis ici parce que j'aurais aimé pouvoir étudier, mais je n'en ai pas eu les moyens.» - Une manifestante.

21h16: Le rassemblement masqué comptait beaucoup plus de participants. Ceux avec les chandelles sont un peu plus de 500.

21h13: Un pétard éclate.

21h10: Les gens forment un énorme carré à Émilie-Gamelin. Des centaines de chandelles. Et le silence.

21h08: Assez peu de masques et de noir dans la #manifencours masquée qui défile sur René-Lévesque.

21h02: Des percussionnistes masqués arrivent sur les lieux. On les entendait de loin.

21h: Une trentaines de policiers prêts à bloquer Ste-Catherine pour être sûrs que les manifestants ne marchent pas à contre-sens.

20h59: La manifestation étudiante débute sous peu angle Berri et St-Denis.

20h55: Fanfare de trompettes en plastique.

20:42: Quelques masques et beaucoup de bougies à la place Émilie-Gamelin.

20h34: Un policier s'adresse aux manifestants: les méfaits vont mettre fin à la manif.