Line Beauchamp convoque les deux fédérations étudiantes pour une rencontre «de discussion» dès lundi, mais pas encore la CLASSE, a annoncé tard dimanche soir le gouvernement.

Mis à jour le 23 avr. 2012
Philippe Teisceira-Lessard et Vincent Larouche LA PRESSE

Quelques dizaines de minutes avant l'envoi du communiqué, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) avait adopté une position condamnant toute «violence physique perpétrée de manière délibérée, sauf en cas de légitime défense». Du même souffle, l'association encourageait toutefois la désobéissance civile et réaffirmait qu'il ne s'agit pas de «violence ni d'intimidation».

«Depuis quelques semaines, des actions inacceptables ont été posées, que ce soit par des étudiants et des étudiantes ou par d'autres personnes», ont indiqué les deux porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds. «Il est inadmissible que l'intégrité physique de citoyens et de citoyennes soit mise en danger.»

La ministre indique pour sa part dans son communiqué qu'elle veut prendre le temps de vérifier si «la CLASSE s'est exclue d'elle-même des discussions» avec l'adoption de ses nouvelles positions.

Pas de rencontre sans la CLASSE

Si la ministre affirme dans son communiqué que les fédérations étudiantes (FEUQ à l'université, FECQ au collégial) ont déjà accepté son invitation, Martine Desjardins soutient qu'il n'en est rien. La présidente de la FEUQ a toujours l'intention d'exiger la présence de la CLASSE pour participer à des négociations gouvernementales, a-t-elle expliqué: «J'ai toujours la même position: ne pas me présenter à une table si la CLASSE n'y est pas.»

D'ailleurs, son association a proposé dimanche à la CLASSE d'inclure des représentants au sein de sa propre délégation. Ce stratagème permettrait à des délégués de la CLASSE de s'asseoir à la table de négociations sans l'accord de la ministre. Mme Desjardins a confirmé à La Presse que son association était prête à céder deux places de délégués à la CLASSE.

«La FEUQ les invite au sein de leur délégation pour qu'ils puissent s'asseoir à une table. Nous on va prendre la responsabilité de les amener avec nous», a-t-elle expliqué. «Une fois rendus sur place, ils parlent au nom de la CLASSE.»

Congrès laborieux

Le congrès de la CLASSE s'est amorcé dès 9h dimanche matin au Collège de Maisonneuve, avec la question de la violence au centre des discussions. Environ 200 délégués envoyés par 60 associations étudiantes de partout au Québec ont tenu de très laborieux débats, selon ce qu'il a été possible de savoir.

Les discussions avaient lieu à huis clos, mais selon ce qui filtrait de la salle, plusieurs représentants étudiants ont tenté d'établir une distinction entre la violence représentant un danger «pour les êtres humains» et certaines actions de «perturbation économique» qu'ils ne souhaitent pas désavouer.

Chaque association tentait de mettre de l'avant les positions adoptées dans son propre établissement scolaire. Certains profitaient même des pauses pour téléphoner dans leur collège ou université et rendre compte de l'évolution des débats.

«On fonctionne en démocratie directe et on pense que c'est notre force. L'atmosphère est cordiale, mais c'est sûr que c'est long, et ça demande beaucoup d'énergie», a résumé le secrétaire à la coordination de la CLASSE, Guillaume Legault.