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Marc Bibeau aurait dit qu'il pouvait influencer l'octroi des contrats

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André Caillé

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Pour encourager les dirigeants de la firme de génie-conseil RSW à hausser leurs contributions politiques au PLQ, l'ex-grand argentier du parti, Marc Bibeau, aurait évoqué son influence future sur l'octroi des contrats d'Hydro-Québec.

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La SIQ a octroyé des contrats sans appels d'offres totalisant plus de 1,7 million$ à l'entreprise Les centres d'achats Beauward, présidée «par le plus important collecteur de fonds du Parti libéral», Marc Bibeau.

Archives La Presse

« J'étais choqué et surpris parce que je ne m'attendais pas à une demande comme celle-là », a déclaré, cet après-midi, devant la commission Charbonneau, l'ancien PDG de RSW Georges Dick. «J'étais surpris qu'il se disait conseiller de Charest et qu'il parlait de trafic d'influence qu'il pouvait diriger les contrats, en enlever et en redonner. »

Cette rencontre aurait eu lieu en octobre 2002 dans les bureaux de RSW. Un autre dirigeant de la firme, Claudio Vissa, a aussi participé à la rencontre. Bibeau y aurait déclaré que d'autres firmes d'ingénieur aurait déjà contribué à hauteur de 60 000$ à 80 000$.

Selon Georges Dick, les dirigeants et les ingénieurs-actionnaires de RSW avaient déjà comme coutume de faire des dons politiques au député ou au ministre de leur choix. Ils se faisaient généralement rembourser par la compagnie avec des bonis.

Les dons des dirigeants de RSW étaient comptabilisés au sein des circonscriptions électorales, mais pour Marc Bibeau « cela ne comptait pas », a-t-il souligné. Bibeau aurait préféré que les dons se fassent au niveau du parti.

À l'époque, Dick décide de ne pas changer ses façons de faire. « Il n'était pas question pour moi de fonctionner dans un schème comme ça. »

Lorsque le gouvernement Charest est porté au pouvoir en 2003, Georges Dick craint l'impact de sa décision. Il va rencontrer Bibeau à ses bureaux deux ou trois fois.

« J'essayais de lui faire comprendre que RSW, on avait une pertinence dans notre domaine et qu'on était de réputation internationale. Je ne voulais qu'il pense qu'il pouvait facilement nous tasser des contrats d'Hydro-Québec et aussi qu'on avait des relations avec d'autres personnes au PLQ. »

Lors d'une de ses rencontres, Bibeau lui donnera sa carte de visite qui, selon le témoin, portait le titre de «conseiller du premier ministre».

Dick a aussi souligné que Bibeau se déplaçait en limousine, ce qui a l'a fait croire qu'il avait une telle fonction.

RSW a travaillé sur de nombreux barrages d'Hydro-Québec dont LG2, Romaine-2 et Romaine-3 et Eastmain 1-A.

Entre 1996 et 2009 Georges Dick a personnellement fait 27 500$ en dons au PLQ. Durant la même période, les employés de RSW ont réalisé près de 300 000$ en dons au PLQ, 187 000$ au PQ et 97 000$ à l'ADQ.

André Caillé devant la CEIC

Le nom de Marc Bibeau a aussi été évoqué lors du témoignage de l'ancien PDG d'Hydro-Québec, André Caillé.

Ce dernier a déclaré que Marc Bibeau s'est informé après de la haute direction d'Hydro-Québec au sujet des contrats octroyés à des firmes de génie-conseil.

Le grand patron d'Hydro-Québec de 1996 à 2005 a raconté avoir été informé que Marc Bibeau cherchait à obtenir des informations sur les contrats qu'Hydro-Québec avait octroyé à des firmes d'ingénieurs externes. Caillé affirme qu'il a un souvenir « nébuleux » de cet épisode qui s'est déroulé en 2003 ou en 2004 et qu'il ne se souvient pas s'il s'agissait de contrats futurs ou de contrats déjà octroyés.

À l'époque, il était sous l'impression que Bibeau était un conseiller politique de Jean Charest. La commission Charbonneau a produit une lettre qui indique qu'il n'a jamais occupé de charge publique, ni au gouvernement ni au cabinet du premier ministre. Il ne connaissait pas non plus ses fonctions comme responsable du financement politique.

Caillé est cependant catégorique sur le fait que la réponse est venue par le canal officiel, le bureau de la secrétaire générale et service des relations gouvernementales, dirigé par Marie-Josée Nadeau, qui gère notamment les demandes des attachés politiques.

Il a cependant reconnu qu'un journaliste ou « Joe public » n'aurait pas obtenu une réponse à une telle question.

Pourquoi l'a-t-on dérangé avec une telle question, lui a demandé la Commission. « Ils ont plus de sensibilité plus c'est haut. »,

La juge Charbonneau lui a ensuite demandé s'il y avait de la collusion et de la corruption chez Hydro-Québec.

Caillé a répondu que non, avant de se lancer dans un plaidoyer en faveur des ingénieurs de la société d'État.

Le fonctionnement d'Hydro sous la loupe de la CEIC

Au début de son témoignage, Caillé a rappelé que la société d'État n'est pas soumise à loi sur les contrats des organismes publics et donc qu'elle peut octroyer des contrats de gré à gré ou des contrats dits « stratégiques » à une firme de leur choix, à condition qu'elle s'installe au Québec. Les contrats de construction sont cependant octroyés à la suite d'un appel d'offres au plus bas soumissionnaire, a précisé M. Caillé.

Il existe quatre divisions chez Hydro-Québec : production, transport, distribution et équipement.

« On voulait au moins trois (fabricants) dans chaque secteur », a-t-il déclaré. « À ce moment-là, c'est le jeu des trois. Ils ont intérêt à aiguiser leurs crayons... Ils se forçaient »

« À 20, c'est moins facile de faire de la collusion qu'à trois », lui a demandé la juge France Charbonneau.

« Je connaissais le coût d'un ouvrage, je le savais s'il était 30% en haut », s'est-il défendu. «Attention, on est au courant des prix à l'international. On ne se fera pas passer un gros sapin.»

Il a ajouté que quand le contexte le permettait, il préférait avoir « minimum trois (soumissionnaires), idéalement cinq et plus. »

Caillé a par ailleurs expliqué qu'Hydro-Québec relève du ministre des Ressources naturelles, mais qu'il effectuait aussi des comptes rendus au ministre des Finances. Caillé a par ailleurs indiqué qu'il dînait environ une fois par semaine avec le premier ministre du Québec.

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