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Jean Gauthier se décrit comme une courroie de transmission

L'ancien notaire Jean Gauthier, qui est décrit comme le collecteur du «2%» pour le parti de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt, a expliqué aujourd'hui devant la commission Charbonneau comment il avait joué son rôle de courroie de transmission de fonds illégaux entre les firmes d'ingénierie et le parti PRO des Lavallois, entre la fin des années 1990 et 2006.

Au coeur du «système Laval»

«J'ai joué le rôle de courroie de transmission entre des bureaux d'ingénieurs - des fonds liquides, des fonds, mettons, illégaux - et le parti. Et j'ai arrêté ce stratagème-là en 2006», a-t-il affirmé.

Pendant cette période, M. Gauthier recevait à son bureau des enveloppes remplies d'argent provenant des firmes d'ingénierie. Il a affirmé qu'il ne connaissait pas les montants, ni les raisons pour lesquelles il avait été choisi pour jouer ce rôle. C'était probablement une question de confiance, a dit l'ancien notaire, ajoutant qu'il n'avait jamais agi ainsi pour obtenir quoi que ce soit en retour.

Pendant son témoignage, Jean Gauthier a tenté de minimiser son implication au sein du parti le PRO des Lavallois. Il a nié avoir été «l'éminence grise» du parti, celui à qui on vient demander conseil.

Un lien d'amitié avec Jean Bertrand

L'ancien notaire avait toutefois un ami au sein du parti de l'ancien maire de Laval, qui régnait sur la ville sans opposition. Il s'agit de Jean Bertrand, qui agissait alors à titre d'agent officiel du parti.

Pendant son interrogatoire, le procureur en chef adjoint de la Commission, Me Denis Gallant, a présenté des appels téléphoniques qu'ont eus Jean Gauthier et Jean Bertrand à la suite de perquisitions qu'a menées l'Unité permanente anticorruption (UPAC) contre l'hôtel de ville de Laval et la résidence de l'ancien maire Gilles Vaillancourt, le 4 octobre dernier.

Cette même journée, les deux hommes se sont appelés à plusieurs reprises pour discuter des perquisitions, se questionnant sur les motifs qui expliquaient la perquisition de la résidence de l'ancien maire Vaillancourt. 

C'est finalement Jean Gauthier qui a appris à M. Bertrand les motifs du mandat de perquisition, qui n'étaient pas divulgués, après avoir parlé avec un employé du département de génie avec qui il faisait affaire.

L'ancien notaire a avoué que M. Bertrand lui demandait souvent conseil. Lors d'une de leurs conversations téléphoniques, l'agent officiel du parti lui a demandé s'il devait démissionner. Jean Gauthier lui a toutefois suggéré de ne pas le faire et d'attendre. Il lui conseillera plus tard de contacter le chef de cabinet du maire pour lui suggérer de s'adresser aux médias, plutôt que de ne pas commenter l'affaire.

Le lendemain, Jean Gauthier s'est entretenu avec sa fille Mélanie, qui travaille comme fonctionnaire à l'hôtel de ville et qui était présente lorsque les policiers de l'UPAC sont arrivés.

Pendant cette conversation, alors que Jean Gauthier s'apprêtait à lui donner le nom d'une personne qu'il soupçonnait d'avoir parlé, celle-ci lui a suggéré de ne rien dire au téléphone.

Questionné par Me Gallant et la commissaire France Charbonneau, Jean Gauthier a affirmé sous serment ne plus se souvenir de la personne qu'il avait alors en tête.

Malgré la teneur de ces conversations, Jean Gauthier assure qu'il n'était qu'un «simple citoyen» qui voulait savoir ce qui se passait à l'hôtel de ville de Laval, qu'il posait toutes ces questions à Me Bertrand et à sa fille par simple «curiosité».

- Avec La Presse Canadienne




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